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Critique

 

J'ai même rencontré des Tziganes heureux (Aleksandar Petrovic)

note: 4Djelem, djelem Erwann - 25 mai 2019

"J’ai même rencontré des Tziganes heureux" est considéré comme l'œuvre la plus aboutie d'Aleksandar Petrovic, réalisateur le plus important du cinéma yougoslave des années 60 et 70. Ce film, qui a raflé en 1967 un Prix spécial du Jury au festival de Cannes, est malgré tout resté invisible pendant 50 ans, jusqu'à sa restauration et réédition récente en DVD.
Premier long-métrage de l’histoire du cinéma à axer son récit sur la culture tzigane, le film se présente comme un foisonnement de couleurs et de musique, autour d’un scénario qui distille ce mélange de frustration, de fierté et d’espoir inhérent à tout le peuple tzigane. Peuple qui se reconnaîtra d’ailleurs complètement dans l'œuvre au moment de sa sortie, allant jusqu'à s'approprier l’une des chansons du film, Djelem Djelem, et d’en faire leur hymne communautaire. A l’image des Tziganes, le métrage de Petrovic refuse les sentiers balisés, n’hésitant pas à mélanger de nombreux éléments dramatiques et un fort ancrage social à des passages burlesques, insolites ou poétiques. Ce qui n'est pas sans nous rappeler certains films de Fellini ou, plus proche encore, "Le Temps des gitans" d'Emir Kusturica, qui s'est sans doute fortement inspiré du métrage de Petrovic tant pour son sujet que pour son mélange de réalisme et de fantaisie. Plus qu’une curiosité, « J’ai même rencontré des Tziganes heureux » est un grand film à découvrir absolument. Mieux vaut tard que jamais !