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Critiques rédigées par Yann

 

Horrifikland (Lewis Trondheim)

note: 3Terrifiquement beau ! Yann - 13 juin 2019

Décidément, Lewis Trondheim est accroc à Mickey Mouse. Après avoir signé, Mickey's craziest adventures et Donald's happiest adventures, le revoilà aux commandes de cet Horrifikland, associé à Alexis Nesme. Et la moindre des choses à dire, c'est que tu vas aimer frissonner avec Mickey et ses amis dans ce parc d'attractions à l'abandon... Mickey, détective, est à la recherche du chat d'une vieille dame mais notre fin limier va flairer la piste d'une autre enquête. Après avoir déjoué les plans de Pat Hibulaire, le voilà sur la trace de mystérieux fantômes. Qu'y-a-t-il de bizarre à cela dans un parc d'attractions consacré à l'étrange ? Ces drôles de fantômes-là laissent des traces de pas !
Si tu aimes les attractions farfelues, le mystère et le fantastique, cette BD est pour toi ! On retrouve nos personnages préférés : un Donald plus que peureux, un Dingo maladroit et benêt et un Mickey super balèze en résolution d'affaires criminelles. Cette histoire te rappellera aussi l'univers de Scooby-Doo et te ravira par les magnifiques dessins d'Alexis Nesme. Chaque case est traitée comme une petite peinture, c'est très beau !

Ueno Park (Antoine Dole)

note: 5Le temps des cerisiers Yann - 12 juin 2019

Hanami est le temps de l’éclosion des fleurs de cerisiers, période de renaissance et de changement dans le cœur des Japonais. Inspiré par cette saison, Antoine Dole brosse le portrait de huit adolescents dont les pas les mène tous à Ueno Park. Sous les branches des cerisiers millénaires, ils se livrent tous à une introspection : rejetant le carcan que leur impose la société japonaise traditionnelle, ils rêvent de vivre leur vie à leur manière, d’être mieux compris, accepté ou aimé. On croise ainsi Haruto survivant du tsunami de 2011, rêvant de devenir artiste, mais qui se destine à la fac de médecine en souvenir de son père disparu. Ou encore Ayumi, qui pour la première fois depuis deux ans, ose sortir de chez elle, après une longue période de claustration.
L’écriture d’Antoine Dole est subtile, poétique, pleine de grâce. Il trouve le ton juste pour chaque personnage, creusant des portraits tout en nuances en prenant son temps pour remuer son lecteur. J’ai particulièrement été touché par la nouvelle concernant « Fuko ». Mais pour en savoir plus, il vous faudra lire ce court roman !

Ce qui nous lie (Cédric Klapisch)

note: 5Ce qui les lie nous émeut... Yann - 4 juin 2019

Il y a des films dont l'atmosphère nous sied tant, dont l'histoire nous emporte tellement que l'on souhaiterait qu'ils ne se terminent jamais. "Ce qui nous lie" de Klapisch est de ceux-là. Les vignes de Bourgogne sont le théâtre d'un drame familial : Jean, Juliette et Jérémie viennent de perdre leur père, viticulteur. Au moment où les vendanges vont commencer, ils doivent prendre une décision : vendre le domaine ou le conserver. Alors que sonnent l'heure de leurs retrouvailles, ils doivent se (re)découvrir frères et soeurs malgré leurs vies, les non-dits, les souvenirs et le chagrin. Le temps d'une année complète de vinification.
Voici une belle histoire de famille, bouleversante, émouvante parce qu'universelle dans ses thèmes et son propos. Ce qui lie ces trois-là nous émeut forcément. Et puis le cadre du film est magnifique : les paysages du vignoble bourguignon en toutes saisons donne une belle profondeur, une belle couleur à ce récit. Un film touchant, un bon millésime que ce long-métrage de Klapisch.

Le plus bel ami de l'homme (Frédéric Fougea)

note: 4Tout ce que devons au chien... Yann - 17 avril 2019

Nous avons une dette incroyable face à cet animal de compagnie qui nous accompagne depuis plus de 20 000 ans. De la domestication du loup au chien secouriste, le documentaire retrace le parcours du chien à nos côtés, sur la voie de l'humanité. Il est le gardien de nos troupeaux, de nos champs, de nos enfants, de nos secrets, de nos émotions. Préparez-vous à verser quelques larmes devant ce documentaire animalier qui rend hommage à nos compagnons à quatre pattes. Une très belle découverte !

Cloud Atlas (Tom TYKWER)

note: 4De vies en vies... Yann - 20 mars 2019

Cloud Atlas est un vrai OVNI cinématographique, épique et époustouflant, qui mérite le détour. Les Wachowski (qui ont réalisé la saga Matrix) et Tom Tykwer signent un film choral porté entre autre par Tom Hanks, Halle Berry, Hugh Grant ou le génialissime Jim Broadbent. Adapté d’un roman de David Mitchell, Cloud Atlas est un film multiple qui se déroule à plusieurs époques : du XIXe siècle à un futur lointain en passant par l’après-guerre ou les années 70. Le film aborde la question des vies antérieures : les protagonistes de chaque époque sont liés les uns aux autres à travers le temps, les acteurs incarnant tous différents rôles. Saluons au passage le travail réalisé sur les costumes, les maquillages et les décors incroyables. De plus chaque époque correspond à un genre cinématographique. Historique, science-fiction, polar, romance, comédie se mélangent allégrement sans que cela ne gâche le film. Le film est beau visuellement, cohérent au niveau du scénario. Petit bémol : il faut accepter d’être perdu dès le début et le film est relativement long. Yann

Perudo (Cosmo Fry)

note: 3Le jeu préféré des Bleus ! Yann - 16 février 2019

Perudo, jeu d'origine péruvienne, est à la fois un jeu de dés et de bluff. Ce qui en fait un jeu idéal pour débuter ou pimenter une soirée jeux entre amis. Chaque joueur cherche à conserver ses cinq dés de départ tout en faisant perdre ceux de ses adversaires à l'aide de paris... De la prudence maladive au bluff le plus extrême, à chacun sa stratégie... Mais attention aux faces de dés Paco qui viendront bouleverser les plans les plus audacieux. Quoiqu'il en soit, ce jeu d'ambiance ravira tout le monde. Même nos champions du monde de football en titre se sont laissés prendre. Les Bleus sont des fans absolus de ce jeu auxquels ils s'adonnent entre deux matchs ! Quant à nous, on adore !

A ghost story (David Lowery)

note: 3Ceci n'est pas un film d'horreur ! Yann - 8 février 2019

Ne traduisez pas « A ghost story » par histoire de fantômes mais plutôt par l'histoire d’UN fantôme. En l’occurrence celui du personnage joué par Casey Affleck, mort dans un accident de voiture, alors qu’il devait déménager avec sa femme. Réincarné en un spectre affublé d’un drap blanc, il retourne hanté la maison de son épouse. Mais pour lui, le temps passe et défile plus vite que pour les mortels… alors que sa femme s’en va, de nouvelles vies viennent empiéter son domaine.
Loin du film d’horreur, auquel il emprunte pourtant quelques codes, ce long-métrage de David Lowery vous possédera ou vous repoussera. Passée la première demi-heure et ses looooongs plan-séquences, le film prend enfin son rythme jusqu'à la conclusion et la résolution de l’énigme : qu’attend ce fantôme ? Pourquoi est-il encore là ? L’histoire de cet esprit invite à une lente réflexion sur le temps qui passe et sur les lieux que l’on habite (ou qui nous habitent).

Game night (Jonathan Goldstein)

note: 4Happy Games raté ! Yann - 19 janvier 2019

Max et Annie sont des joueurs invétérés. Ils organisent chaque semaine des soirées jeux de société avec leurs amis, tout en évitant soigneusement d’inviter leur voisin Gary, un brin… particulier. Mais lorsque Brooks, le frère tant admiré, revient dans la vie de Max inopinément, ce dernier perd pied. Brooks décide à son tour d’organiser une murder-party dont le contrôle lui échappe rapidement. Malgré eux, les joueurs devront vivre une partie dantesque pour tenter de survivre à la soirée…
Cette comédie au rythme endiablée joue avec les codes du polar et du film d’horreur tant et si bien, qu’au début du film, on ne sait pas si l’on doit rire ou frémir… Mais petit à petit l’histoire s’installe, les blagues fusent et l’on se marre beaucoup. Parfois caricaturaux – mais c’est bien normal pour une comédie - les personnages, sont tout de même rudement bien campés par leurs acteurs. Un film divertissant, un poil flippant, qui parlera aux amateurs de jeu et aux geeks tant les références au cinéma de genre et aux jeux de société sont nombreuses.

Quel est le secret du Père Noël ? (Marla Frazee)

note: 3Quel est le secret du père Noël ? Yann - 5 janvier 2019

Quel est le secret du père Noël pour ne jamais se tromper de cadeau pour tel ou tel enfant ? Vous le saurez en lisant cet album ! C'est un travail titanesque qui attend notre gros barbu : essayer les jouets, sélectionner les plus beaux papiers cadeaux, prendre des notes sur les enfants... Il n'a pas trop d'une année pour préparer sa distribution ! Et tout cela sans l'aide d'un lutin mais avec beaucoup de tasses de café et en caleçon ! Les grandes illustrations de cet album plongent d'emblée l'enfant dans la magie de noël et lui permettent de patienter jusqu'à la prochaine venue du Père Noël.

Ces jours qui disparaissent (Timothé Le Boucher)

note: 4Au revoir Lubin ! Yann - 30 novembre 2018

Scénario original, dessin impeccable, fin géniale… Timothé le Boucher signe un album remarquable. L’histoire, celle de Lubin, un jeune acrobate qui ne se réveille qu’un jour sur deux, laissant la place à un « autre lui » est complètement addictive. En véritable page-turner, on ne décroche pas de cette BD tant on a hâte de découvrir d’où vient le problème de Lubin et la fin du récit. Le dessin, classique et efficace, colle parfaitement à l’atmosphère du récit. Timothé le Boucher réussit à faire vieillir ces personnages, les suivant pas à pas tout au long d’une vie qui ne cesse de se déliter. Car Lubin se réveille de moins en moins au profit de son autre personnalité. La douleur, la tristesse de son personnage émeuvent et nous font prendre conscience de la briéveté de nos vies. S’il est un message important dans cet album, c’est bien de mesurer la chance de vivre aux côtés de ceux que l’on aime et d’en profiter chaque instant.

Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens (Becky Albertalli)

note: 5Positif ! Yann - 16 novembre 2018

Simon, 16 ans, lycéen, subit le chantage d’un autre élève. Martin révèle de dévoiler l’homosexualité de Simon, si celui-ci ne lui arrange pas un rendez-vous avec Abby. Simon est gay, n’a pas encore fait son coming-out et n’a d’autre choix que d’obtempérer. Pourtant, Simon est bien dans sa peau, entouré d’amis et de sa famille, il est prêt à « sortir du placard ». Mais il n’a pas encore osé. Le seul à qui il se confie par mail c’est Blue. Le pseudonyme d’un autre élève du lycée qui lui aussi est gay. Et c’est cette correspondance que Martin menace de révéler…
Le roman pour ados de Becky Albertalli, adapté au cinéma, sous le titre « Love Simon » est un vrai bonheur de lecture ! Il donne à voir une image positive de l’homosexualité et du coming-out, un cap difficile à passer, notamment pour les ados homos. Quant on sait que le taux de suicide est plus élevé chez les ados gays que chez les hétéros, il est nécessaire de pouvoir proposer et faire lire des romans aussi solaires et positifs que celui-ci. Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu un coup de cœur aussi fort pour un roman jeunesse. D’autant que celui est porté par une écriture moderne et la voix jeune et enthousiaste d’un jeune comédien, Gauthier Battoue !

Le bruit des silences (Valérie Gans)

note: 4Comédie de moeurs Yann - 25 septembre 2018

L'histoire d'amour que tisse Valérie Gans dans ce roman entre ses deux personnages Lorraine et Cyrille est l'opportunité de faire réfléchir le lecteur à la place des femmes dans notre société. Elle y aborde bien évidemment les relations homme-femme mais aussi le rôle de mère célibataire, celui de grand-mère, la filiation et les secrets de famille. Elle revient également sur la difficulté des hommes à être eux-mêmes, à toujours chercher leur place dans une société où les femmes prennent une importance en constante évolution. Enfin, elle évoque les violences faites aux femmes à travers le personnage de Julie, la soeur de Lorraine, sous l'emprise d'un pervers narcissique. C'est à une comédie de moeurs moderne et attachante que nous invite l'auteure, une histoire qui se lit bien et qui est captivante !

Les gens dans l'enveloppe (Isabelle Monnin)

note: 5Les gens dans l'enveloppe Yann - 31 août 2018

Les gens dans l'enveloppe sont multiples.
Les gens dans l'enveloppe sont à la fois réels, et à la fois imaginaires, faits de mots et de notes de musique.
Les gens dans l'enveloppe, c'est un projet fait de rencontres, de grandes joies, de petites déceptions.
Les gens dans l'enveloppe, c'est le talent conjugué d'un musicien nostalgique et d'une auteure inspirée et inspirante.
Les gens dans l'enveloppe, c'est un roman, une enquête, des chansons.
Les gens dans l'enveloppe, c'est la beauté de vies simples, un témoignage sur les petites gens, la France d'en bas.
Les gens dans l'enveloppe, c'est l'entremêlement de vies inventées et de vies réelles, "où quand la réalité rejoint la fiction".
Les gens dans l'enveloppe, c'est beau, c'est sensible, c'est touchant, c'est nostalgique, c'est prenant !

Michaël Gregorio - J'ai 10 ans (Michael Gregorio)

note: 4Comme un caméléon Yann - 1 août 2018

10 ans de carrière déjà pour Michaël Gregorio ! Et Monsieur s'offre Bercy. Rien de moins ! C'est à un concert grandiose que nous invite ce showman de talent. L'homme aux mille voix virevolte d'un registre à l'autre (rap, jazz, chanson française, classique...), d'une personnalité à l'autre : de Brel à Stromae en passant par Maître Gim's, Johnny ou U2. Et parce que 10 ans, ça se fête, Michaël Gregorio s'est entouré d'invités de prestige qui se sont fait visiblement un plaisir de venir partager la scène avec un artiste aussi généreux que drôle. S'il fallait encore convaincre de regarder ce spectacle, j'ajouterai juste que la débauche de lumière, d'effets spéciaux sur scène mais aussi d'énergie et d'humour déployé par l'imitateur vaut véritablement le coup d’œil.

Birkin Gainsbourg : le symphonique (Jane Birkin)

note: 4Jane B. Yann - 27 juillet 2018

On connaissait Jane Birkin folle amoureuse de Serge Gainsbourg. On la savait défenseure acharnée de l'oeuvre de son ancien compagnon. On la redécouvre ici en fervente pasionaria des mélodies et des paroles de l'homme à la tête de chou. Accompagnée de l'orchestre symphonique de la radio polonaise, elle signe ici 21 pépites aux arrangements magnifiques. On retrouve bien sûr de grands classiques comme "La javanaise" ou "La gadoue" mais aussi des titres moins connus. On se plaît alors à écouter différemment ces morceaux et à redécouvrir les textes de "son" Serge. Absolument sublime !

Last Man n° 01
Last Man. 01 (Balak)

note: 5Série multi-primée ! Yann - 25 juillet 2018

Mêlant étroitement science-fiction et heroïc-fantasy, ce manga à la française est un vrai cocktail détonant d'action et de baston. Les trois auteurs ont réussi à créer un vrai feuilleton aux personnages attachants qu'on se plaît à retrouver volume après volume. Pleine d'humour, on trouve également dans cette série de multiples références à la pop culture (de Dragon Ball au Seigneur des Anneaux en passant par Jean-Paul Belmondo...). A découvrir de toute urgence !

Le perroquet (Espé)

note: 4Enfance en souffrance Yann - 7 juin 2018

Les images valent parfois plus que des mots. Cette formule prend tout son sens avec la bande dessinée d'Espé. Il y raconte des souvenirs d'enfance liés à la maladie psychologique de sa mère. Celle-ci souffrait de "troubles bipolaires à tendance schizophrénique" se manifestant en crises de démence très violentes. Bastien, 8 ans, alterne des moments de tendresse, d'humour, de désarroi, de peur, d'incompréhension vis-à-vis de sa mère, tantôt présente, tantôt en centre psychiatrique.
La virtuosité d'Espé, c'est d'avoir su conserver son regard d'enfant pour narrer ses souvenirs. Cela donne une force intense au récit et nous met dans une situation de lecture inconfortable, douloureuse et empathique. Pour autant le dessin très coloré, presque enfantin, de l'auteur permet de mettre de la distance et nous permet de souffler. Avant une chute brutale et triste. Un album à saluer et à rapprocher du titre "Mal de mère" de Rodérick.

Demain est un autre jour (Lori Nelson Spielman)

note: 3Qu'avez-vous fait de vos rêves de jeunesse ? Yann - 6 juin 2018

Alors qu’elle vient de mourir, la mère de Brett lègue à sa fille une liste de dix objectifs à réaliser avant un an pour pouvoir toucher son héritage. Parmi ceux-ci : tomber amoureuse, acheter un chien, reprendre l’enseignement, avoir un bébé, faire la paix avec son père… A chaque objectif réalisé, une lettre de sa mère l’attend. Brett se demande très vite ce qui a pris sa mère : elle a déjà un travail qui lui plaît, un homme dans sa vie et son père est mort… Pourtant cette liste de projets à atteindre va bouleverser sa vie !
Dès les premières pages, on s’attend à une comédie romantique stéréotypée., Bien sûr, la lecture reste légère et facile à lire. Brett est une jeune femme de bonne famille « pourrie-gâtée », souvent agaçante et pleurnicheuse, qui vit une existence confortable,. Pourtant, il y a du fond dans ce roman. Au contact des autres, des malheureux notamment, Brett évolue, se transforme, voit la vie autrement. Avec un message essentiel, au final : il faut vivre, aimer et profiter de sa famille comme on l’entend sans avoir peur du regard des autres. Un roman « feel-good » qui aide à se sentir bien, portée par la voix pleine d’humour et de légèreté de la comédienne Ingrid Donnadieu.

Macha (Flora Grimaldi)

note: 4Errance, l'île fantastique Yann - 28 avril 2018

Lorsque les humains mettent le pied sur Errance, ils découvrent une île où vivent en paix depuis des millénaires différents peuples de Créatures fantastiques. Assoiffés de nouvelles terres, les humains leur déclarent la guerre. Macha et Ronan forment un couple de Danaïdes pris dans l'engrenage de la violence. Touché par une flèche, Ronan meurt. Macha n'a qu'une solution : aller le chercher dans l'Autre-Monde. Ce voyage changera sa destinée à tout jamais.
On retrouve avec plaisir le personnage de Macha, mi-femme, mi-renard que l'on avait découvert dans le premier tome consacré à Bran. Ce conte en constitue d'ailleurs une préquelle. On y découvre les origines de la guerre entre humains et créatures et le passé de Macha. Jolie fresque d'heroïc-fantasy, ce récit captive enfants comme ados. Magie, amour, guerre forment un beau cocktail. Ajoutez-y les magnifiques dessins de Maike Plenzke et vous obtenez une bande dessinée intelligente qui invite à la détente et à l'imaginaire.

Le chat du dalaï-lama (David Michie)

note: 5Le chat-moine ! Yann - 30 mars 2018

Vous souhaitez vous initier au bouddhisme mais vous n’avez pas le courage de lire un traité ou un livre documentaire… David Michie a pensé à vous ! Avec son roman «Le chat du dalaï-lama », il offre au lecteur néophyte un ouvrage qui permet de comprendre les notions-clé de cette philosophie millénaire. Et tout cela par le truchement d’un matou. Et pas n’importe lequel ! Celui recueilli par Sa Sainteté le Dalaï-Lama. A ses côtés, cette jolie minette va améliorer son existence et trouver la voie qui mène au bonheur : penser aux autres plutôt qu’à soi, voir au-delà des apparences, se connaître pour mieux s’écouter et s’améliorer, ne pas se poser de limites. Un chapitre, une leçon de sagesse. Voici un livre précieux qui fait profondément réfléchir. Yann

Gabrielle ou le jardin retrouvé (Stéphane Jougla)

note: 3Folie douce Yann - 23 février 2018

Vous êtes-vous déjà demandé s'il était possible de devenir fou par amour ? Fou de chagrin, fou de tristesse, bien sûr ! Mais fou par amour ? Dans son roman, Stéphane Jougla nous démontre que ce peut-être le cas. Gabrielle, la compagne de Martin, perd la vie dans un accident de voiture. Le jeune homme perd pied avec la réalité : il nie la mort de son amie, se brouille avec ses beaux-parents, perd son emploi. Ne lui reste que les livres de Gabrielle et le jardin qu'elle entretenait avec passion. Les livres l'attirent, l'entretien du jardin l'effraie... C'est pourtant grâce aux deux qu'il découvrira un étrange secret. Mais loin de l'aider à faire son deuil, ce secret le plonge dans une folie douce.
Court, efficace, ce roman se lit d'une traite. A la simplicité d'écriture de l'auteur se mêlent les extraits des romans préférés de Gabrielle que lit Martin. L'occasion de découvrir de beaux extraits de Prévert, Defoe ou Virginia Woolf. "Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut." disait Cicéron. Avec le personnage de Martin, Stéphane Jougla nous prouve que cette citation n'est pas si loin de la "réalité"...

Va'a (Benjamin Flao)

note: 4Pour rêver et s'évader... Yann - 20 février 2018

A mi-chemin entre la bande dessinée et le carnet de voyage, ce récit, dessiné à quatre mains par Troub’s et Benjamin Flao, propose au lecteur un voyage en Polynésie Française. Partis pour suivre le projet de construction d’une pirogue dernier cri aux Tuamotu, les deux auteurs nous racontent surtout leur vie quotidienne dans l’atoll de Fakarava, leurs rencontres avec la population locale et leurs tentatives - drôles ! – pour retaper et faire naviguer d’anciennes embarcations. Leur recherche de matériel de navigation, leurs va-et-vient sur ce bout de terre de 16 km² est l’occasion de raconter l’histoire des Tuamotu, d’évoquer les modes de vie traditionnels qui se sont perdus, la relation qu’entretiennent les habitants avec Tahiti… Le rythme de vie des îles calme, posé, lancinant, s’impose à nous à la lecture. C’est à un véritable voyage immobile que nous invitent Troub’s et Flao, porté par leurs sublimes aquarelles et illustrations.

Imbattable n° 01
Justice et légumes frais (Pascal Jousselin)

note: 5Imbattable, inratable ! Yann - 25 novembre 2017

Il serait bien imprudent de ne voir dans "Imbattable" qu'une simple BD de super-héros ou d'humour. Bien sûr, le héros a des super-pouvoirs mais ceux-la sont intrinsèquement liés au principe de narration de la bande dessinée. Pascal Jousselin a eu l'ingénieuse idée d'utiliser le principe de la BD (planche, cases, strip, bulles et surtout ellipse narrative) pour faire évoluer son personnage et jouer avec la narration. Ainsi Imbattable peut-il voyager d'une case à l'autre vers le haut, le bas, anticiper un déplacement dans la page pour arrêter un criminel ou sauver un chat... C'est d'une finesse et d'une intelligence rare, c'est drôle et ça plaît à tout âge !

Mon grand-père (Christine Schneider)

note: 4L'amour et l'absence Yann - 15 novembre 2017

Avec des mots qui sonnent comme un poème, des mots doux et tendres, des mots qui enlacent et qui font sourire, Christine Schneider parvient à raconter la tendresse que partagent un grand-père et un petit-fils. "Mon grand-père, c'est très grand avec lui, grand et gros. Mon grand-père, c'est ma petite-tête contre son gros ventre". Les illustrations de Gilles Rapaport sont elles aussi extraordinaires : ce grand-père tout en rondeur ressemble étrangement à Charles de Gaulle. Ses grands bras, ses grandes oreilles, son long nez sont gigantesques face à son petit-fils. Mais quel plaisir pour celui-ci de se lover près de son papi. Un album beau, doux, gentil mais qui dit aussi avec pudeur l'absence d'un grand-père quand il est parti...

Andersen (Nathalie Ferlut)

note: 5Les affres d'un conteur Yann - 2 novembre 2017

Poucette, Le vilain petit canard, La petite sirène, La petite fille aux allumettes... D'Hans Christian Andersen, on retient surtout ses contes. Mais que sait-on vraiment de l'homme, de l'écrivain ? Sous-titrée "les ombres d'un conteur", cette bande dessinée, narrée par le Petit soldat de plomb, s'intéresse aux affres de la vie de ce danois du XIXe siècle. Et des ombres sur sa vie, il y en eut plusieurs, à commencer par son œuvre littéraire elle-même : il fut à la fois romancier, poète, dramaturge mais on ne retint de lui que ses contes qui lui amenèrent la célébrité. Ces mêmes contes qui recèlent en chacun d'eux des éléments de sa vie d'homme : attiré par les garçons, il refoula toute sa vie sa sexualité en voyageant à travers l'Europe et le Mahgreb. Resté enfant (dans sa tête) très longtemps, Andersen se réfugia toute sa vie dans l'écriture et l'imagination, vivant presque en marge de la bonne société danoise. Tour de force narratif donc pour cet album, mais également intensité graphique. Nathalie Ferlut qui nous avait déjà offert le magnifique "Eve sur la balançoire" s'est irrémédiablement plongée dans l’univers d'Andersen. Ces cases regorgent de détails, de personnages issus des contes, de papiers découpés qu'affectionnait tant Andersen. Chaque page est un cadeau pour les yeux, chaque case un tableau miniature que l'on pourrait passer des heures à contempler. Tantôt réaliste, tantôt onirique, cette bande dessinée écrite sous la forme d'un conte rend hommage à l'un des plus grands écrivains du XIXe siècle.

Reconquêtes n° 01
La Horde des vivants (Sylvain Runberg)

note: 4Une épopée grandiose ! Yann - 23 octobre 2017

Dans cette série en quatre tomes, Sylvian Runberg et François Miville-Deschênes nous plongent dans une épopée grandiose, en pleine Antiquité, en Asie Mineure. Mâtinée de légendes, cette grande fresque historique oppose l'alliance de trois peuples scythes à un roi hittite. Méconnues ces trois civilisations méritent d'être redécouvertes au cœur de ce récit narré par une jeune scribe venue de Babylone et qui se révèlera bien plus qu'un simple observatrice... Cette saga, parfois violente (mais n'est-ce pas l'époque du récit qui veut cela ?) réjouira les amateurs de bande dessinée historique et fantastique. Complots, rebondissements, suspens, rien ne manque ! Les dessins de François Miville-Deschênes semblent un peu figés au premier abord mais donnent pourtant toute leur mesure et leur beauté lors des scènes de bataille et de combats. La mise en page de certaines doubles pages est sublime, révélant le talent de dessinateur de cet artiste à suivre.

Eastern Boys (Robin Campillo)

note: 4Dérangeant, âpre, humain et intimiste ! Yann - 4 septembre 2017

Dérangeant, troublant, âpre, parfois carrément glauque, les qualificatifs ne manquent pas pour ce film de Robin Campillon. Pour autant, bien que le pitch de départ soit déroutant (un quadra qui drague un jeune homme gare de l'Est et l'invite chez lui moyennant finance se fait piéger par un gang de garçons de l'Est), le récit bascule très vite dans le fait de société et interroge : que fait-on de ces migrants livrés à eux-mêmes ? Bien sûr, Daniel reste condamnable. Bien sûr, on ne comprend pas pourquoi il cherche à tout prix à revoir Marek après le piège qui lui a été tendu. Mais il reste de ce film une histoire de passion amoureuse qui se transforme en histoire d'humanité. Daniel veut sauver Marek de sa misérable situation, de la bande qui le retient prisonnier, de cet hôtel minable où il vit... Alors certes ce film reste dérangeant, âpre et troublant, il n'en est pas moins passionnant, beau, humain et intimiste.

Manchester by the Sea (Kenneth Lonergan)

note: 5Drame familial Yann - 4 septembre 2017

Le réalisateur, Kenneth Lonergan, propose un film intimiste, grave et poignant qui ne laisse pas indifférent. Lee Chandler tente de se reconstruire après un drame familial : c'est un homme meurtri, rude, brut de décoffrage. Mais, à la mort de son frère il doit revenir chez lui à Manchester (USA) pour s'occuper de son neveu. S'occuper d'un ado est en soi une épreuve pour lui mais affronter son passé reste insurmontable...
Voici un drame familial touchant. Le passé de Lee se mêle au présent de Patrick, le neveu par le biais de flashbacks qui nous font prendre conscience de la tragédie qui a fait du protagoniste principal l'homme qu'il est devenu. Saluons au passage la performance de Casey Affleck, totalement et férocement juste dans ce rôle sans concession. Bien que l'atmosphère de ce long-métrage soit pesante, il n'en reste pas moins que l'on ressort de cette histoire le cœur gonflé de mélancolie et de joie mêlées. En effet, le film réserve heureusement quelques moments de respiration, de bonheur. Les magnifiques paysages du Massachussetts achèvent de rendre cette histoire magnifique et tendre.

Résiste (France Gall)

note: 4Prouve que tu existes ! Yann - 5 août 2017

C'est en regardant la comédie musicale "Mamma mia" qui reprend les plus grands succès d'Abba, que France Gall aurait eu l'idée d'écrire la sienne pour honorer les plus belles chansons de son mari, Michel Berger. Et sans conteste, ça fonctionne ! Energie, humour, bonne humeur sont au rendez-vous de ce spectacle musical. On se prend à chanter à tue-tête "La groupie du pianiste" ou à danser sur son canapé sur "Résiste". Les chorégraphies sont très belles, elles ont été confiées à Marion Motin, la chorégraphe de Christine and the Queens. Un spectacle à ne pas bouder !

Merveilleux voisins (Hélène Lasserre)

note: 3Un album sur le partage et les différences. Yann - 5 août 2017

Dans un immeuble où ne vivent que des moutons très sages et très semblables, le héros s'ennuie... Jusqu'au jour où une famille de loups s'installe dans le quartier. S'ensuivent d'autres emménagements : des cochons, des cigognes, des éléphants. L'immeuble se transforme, les moutons qui ne s'y retrouvent pas quittent les lieux et d'autres familles emménagent.
Voici un joli album dans lequel priment le partage, les différences et les coutumes contre l'enfermement sur soi et le communautarisme. Votre enfant aura plaisir à découvrir les transformations de l'immeuble, les nouveaux animaux et les différences entre chaque page. Cerise sur le gâteau : un petit jeu l'invite à retrouver le képi du policier sur chaque double page. Très sympa !

Doctor Strange (Scott Derrickson)

note: 4Comme c'est étrange ! Yann - 7 juillet 2017

Voici certainement l'un des meilleurs films de la firme Marvel. Pourtant, Doctor Strange n'est pas l'un des super-héros les plus connus de la Maison des Idées. Peut-être aussi, est-ce pour cela que le réalisateur semble avoir eu plus de liberté... Sous sa forme de film de super-héros classique (un homme qui découvre ses pouvoirs), ce long-métrage allie effets spéciaux impressionnants, action à couper le souffle et la touche d'humour Marvel. Un bon gros blockbuster qui en met plein la vue mais met en avant Benedict Cumberbatch, acteur britannique à suivre, excellent dans le rôle d'un médium qui combat ses ennemis sur des plans astraux et dans d'autres univers parallèles...

Gengis Khan n° 01
L'homme qui aimait le vent (José Frèches)

note: 4Gengis Khan, l'empereur océanique Yann - 13 juin 2017

C'est à une aventure dans les steppes de Mongolie au Moyen-Âge que nous convie José Frèches, grand amoureux de l'histoire orientale. L'auteur livre ici une biographie romancée du mystérieux Gengis Khan. Divisé en deux tomes, le récit narre dans le premier tome la jeunesse et les premières conquêtes de Temüdjin (le nom mongol de l'empereur) ; le deuxième volume s'intéresse à l'ascension du souverain qui étendit son Empire de la Chine à la mer Noire au XIIIe siècle !
Passionnant du début à la fin, le récit s'intéresse surtout à l'homme : ambitieux, fin stratège, cultivé mais aussi cruel et tyrannique sur la fin de sa vie, Gengis Khan sut saisir l'opportunité de fédérer les clans mongols pour ensuite attaquer les puissantes dynasties chinoises et les pays musulmans du Moyen-Orient. Il s'entoura d'amis, d'alliés et de généraux puissants qu'il mena à la victoire et qui le soutinrent fidèlement jusqu'à sa mort. Dans un style épique et enlevé, José Frèches signe le portrait d'un homme puissant et légendaire qui vécut sa vie entre conquêtes amoureuses et guerrières, entre ambitions démesurées et regrets amers.

La sociologue et l'ourson (Etienne Chaillou)

note: 5Dans les coulisses d'un débat de société Yann - 5 juin 2017

Des premières annonces de la loi en septembre 2012 au vote parlementaire en mai 2013, la loi du mariage pour tous a bouleversé le débat social en France. Discussions à l'Assemblée, querelles à la télévision, manifestations pour et anti-mariage homo, la société se divise. Les réalisateurs de ce documentaire, Etienne Chaillou et Mathias Théry, ont l'ingénieuse idée de suivre la sociologue Irène Théry dans les coulisses de ce débat. Sans rien lui dire, ils l'interviewent régulièrement au téléphone sur l'histoire de la famille, du mariage, de la procréation assistée et de l'adoption. Puis ils décident de raconter ces six mois de débat et de manifestations sous la forme d'un film documentaire mettant en scène marionnettes, jouets et ours en peluche. Les interviews d’Irène Théry servent alors à re-contextualiser ces mois houleux durant lesquels spécialistes, députés ou simples citoyens ont raconté souvent tout et n'importe quoi. L'idée du film n'est pas de prendre parti sur une loi déjà votée ou de raviver les débats mais bien d'offrir un point de vue sur l'évolution des mœurs et de la vie familiale en France depuis plus d'un siècle. Cette évolution sociétale justifie la nécessité d'offrir aux homosexuels le droit de se marier et d'adopter au même titre que les hétérosexuels. Un film essentiel sur le fond et original sur la forme !

Y'a pas de héros dans ma famille ! (Jo Witek)

note: 4Mes parents, ces héros ! Yann - 20 mai 2017

C'est avec finesse et intelligence que Jo Witek aborde un thème important dans son roman : celui du rapport à la famille et de la classe sociale. Maurice cohabite avec son alter ego Mo sans soucis : à l'école, il est Maurice, bon élève, au vocabulaire soutenu ; dans sa famille, il est Mo, P'tite tête, Bouffon à lunettes, l'intello de la famille. C'est parce qu'il se rend chez son meilleur copain pour un exposé, qu'il se rend compte de la différence qu'il existe entre sa famille de gens du voyage, installée dans un quartier populaire et celle plus bourgeoise d'Hippolyte. Dès lors, Mo ne se sent plus à sa place chez lui, un peu honteux de sa famille bruyante et envahissante...
Combien d'enfants vivent cette situation aujourd'hui ? Des centaines à n'en pas douter ! C'est à ces enfants tiraillés entre l'école et la vie de famille, décalés par rapport à leurs copains que ce livre s'adresse avant tout. Pourtant, Mo apprendra bien vite que la discussion, l'écoute au sein de sa famille sont des biens tout à fait précieux. Il peut être fier non seulement de ses parents et de ses frères et sœurs mais aussi de ses aïeux, gens simples, authentiques, généreux. Et ça, ça n'a pas de prix !

Retour à Oakpine (Ron Carlson)

note: 5Retour à la terre Yann - 15 avril 2017

Avec ce troisième roman, Ron Carlson offre ici un récit très intime, bouleversant. La galerie de personnages dont il offre à voir une tranche de vie (la cinquantaine) est particulièrement attachante. Malgré le temps écoulé, les quatre amis qui se retrouvent dans leur petite ville du Wyoming et qui ont fait partie du même groupe de rock n’ont pas changé et leurs liens sont toujours aussi forts. Bien sûr, chacun a vécu ses expériences, ses malheurs mais leurs retrouvailles n’en sont que plus fortes. Le roman est teinté de nostalgie et de mélancolie : nostalgie des années de leur adolescence au lycée qu’ils revivent à travers les frasques des adolescents de Craig, mélancolie et tristesse de la maladie de Jimmy. Le roman s’articule également autour d’un évènement tragique survenu à la période du lycée, la mort du frère de Jimmy, dont le souvenir encore présent ne cesse de hanter les quatre hommes… Un beau et tendre roman qui « célèbre les vertus cardinales de l’amitié autant que la mystérieuse autant qu’imparable attraction que peut exercer la terre natale » (La libre Belgique).

Orient Express ! (Delphine Chedru)

note: 4Au pays du Soleil Levant disparu ! Yann - 14 avril 2017

En voilà un livre-jeu magnifique ! Delphine Chedru a décidé d'envoyer ses deux petits héros, la princesse Attaque et le chevalier Courage, au pays du Soleil Levant. Le but du jeu : aider un renard a retrouvé ce soleil qui a justement disparu ! Au programme : rencontre avec des samouraïs, des dragons asiatiques, des yokaïs, des hérons, des carpes, des sumos... Bref tout ce qui fait le sel et nourrit l'imagination autour de ce joli pays qu'est le Japon. Autre originalité de cet album : un double système de jeu. Sur chaque double-page, votre enfant a une énigme à résoudre puis un choix à faire du type "Tu veux suivre le chevalier, suis-le à la page 14". Ce qui permet de jouer et de rejouer avec ce livre sans refaire tout le temps les mêmes énigmes. Sublime et intelligent !

Morgane (Simon Kansara)

note: 3Mauvaise graine et forte tête ! Yann - 14 avril 2017

La fée Morgane est l'une des rares figures féminines des légendes arthuriennes. Figure de l'ombre de la quête du Graal, miroir sombre du grand Arthur, c'est pourtant ce personnage que les deux auteurs de cette BD ont voulu mettre en avant. Et c'est bien là, l'originalité du scénario : raconter une histoire ultra connue, celle du mythe de Camelot, de Merlin et des chevaliers de la Table Ronde du point de vue d'une femme ! Et quelle femme ! Princesse élève, sorcière manipulatrice, gardienne d'Excalibur, femme fatale, fée féministe avant l'heure. Autant dire que cette Morgane-là sait ce qu'elle veut être et ce qu'elle sera ! Quoique...
Que dire des somptueuses illustrations de Stéphane Fert ? Elles sont tantôt humoristiques et flirtent avec le dessin animé, tantôt sérieuses et magiques et rappellent étrangement les grands peintres que furent Van Gogh et Gustav Klimt ! Une BD à dévorer des yeux !

Les deux grenouilles à grande bouche (Pierre Delye)

note: 5Insupportables !!! Yann - 4 mars 2017

Vous connaissiez déjà l'histoire de la grenouille à grande bouche ? Mais, si ! ce petit batracien insupportable qui agaçait tous les animaux dans le livre de Séverine Vidal ! Et bien, figurez-vous que désormais, elles sont deux à être enquiquinantes ! Pierre Delye et Cécile Hudrisier se sont emparés de ce personnage pour écrire une nouvelle histoire toute aussi drôle que la précédente. Le livre constitue une sorte de préquel. Il y a bien longtemps, notre couple de grenouilles à grande bouche braillait des comptines à longueur de temps sur l’arche de Noé ! Les animaux et le capitaine n’en pouvaient plus ! Que s’est-il donc passé pour les deux petites créatures ? Vous le découvrirez dans ce drôle d’album qui vous révèlera entre autre pourquoi les crocodiles mangent les grenouilles à grande bouche et l’origine de l’expression « Verser des larmes de crocodile ».

Facteur pour femmes (Didier Quella-Guyot)

note: 4Courrier des lecteurs Yann - 3 février 2017

Cher lecteur,
Je t'encourage vivement à venir emprunter cette bande dessinée. Tu y découvriras les frasques de Maël, un jeune breton au pied bot, sommé de devenir facteur de l'île bretonne qu'il habite. Tous les hommes sont partis suite à la mobilisation générale en 1914. Durant quatre années, il devient l'amant de jeunes bretonnes esseulées. Mais de nigaud du village, il se transforme en un monstre au visage double.
Ami lecteur, viens admirer les superbes planches de l'illustrateur Sébastien Morice, plonge-toi dans ces cases qui dépeignent la vie rude du début du XXe siècle sur une île bretonne. Immerge-toi dans ces dessins qui sentent bon le varech, les embruns et le foin coupé. Découvre les merveilleux textes de Didier Quelle-Guyot et l'intrigue qu'il a brossée. Tu seras, je te l'assure, étonné par la chute de ce récit, douce comme le ressac des vagues, amère comme une larme qui perle au coin des yeux. Et si, curieux, tu te demandes, sur quelle île bretonne a eu lieu cette singulière histoire, je ne peux que te conseiller de lire l'introduction du dessinateur à son album.
Bien à toi, Yann

La lumière allumée (Richard Marnier)

note: 5Archimaboule ! Yann - 2 février 2017

Dans le quartier d'une petite ville, toutes les maisons sont exactement les mêmes, du toit à la porte, des volets à la cheminée. On ferme les volets le soir, on les ouvre le matin. Tout est réglé à la perfection ! Jusqu'au jour où un habitant laisse ses volets ouverts la nuit et la lumière allumée. ça jase dans le quartier. Heureusement, le malappris s'en va. Sa maison se délabre. A son retour, il construit une maison invraisemblable. C'est le début d'un grand chambardement immobilier...
Prenez le temps de découvrir cet album avec votre enfant... Il prendra plaisir à découvrir cette histoire qui dénonce l'uniformisation et prône la tolérance et le droit à la différence. Il s'extasiera devant les formes abracadabrantes des nouvelles maisons et leurs couleurs délirantes. Chacun pourra ainsi choisir de vivre dans la maison qui lui correspond le plus. Pour ma part, je mets une option d'achat sur la maison-livre !

Les extraordinaires & fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé n° 03
Confessions d'un elfe fumeur de lotus (Raphaël Albert)

note: 5Opiomane Yann - 19 décembre 2016

Avec le troisième volume de sa saga, Raphaël Albert lève (enfin!) le voile sur l'exil à Panam de son personnage détective privé, Sylvo Sylvain. Loin des enquêtes policières des deux premiers tomes, l'auteur plonge son lecteur dans un monde enchanteur, celui des elfes de la Forêt Toujours-Verte. De l'enfance de son héros à son départ forcé, en passant par son initiation à l'âge adulte, Mr Albert profite du récit pour décrire avec force détail la société des elfes et de leurs compagnons, les pillywiggins. En osmose avec la nature, les Sylvains vivent pour et avec les arbres. Ils chantent pour les faire pousser ou pour entrer en communication avec l'esprit de Toujours-Verte. Mais en cette période troublée où le chant de la Forêt s'amenuise et les dangers se multiplient, Sylvo s'élève en héros pour protéger son peuple. Malheureusement, tout héros a ses failles et le sacrifice ultime qui lui est demandé pour sauver sa Forêt l'entraîne à sa perte. Le passé de Sylvo entache nettement les actes héroïques des précédents romans mais explique aussi son comportement et son caractère taciturne. Comme tous les romans de la série, celui-ci peut être lu indépendamment et sert même efficacement d'introduction aux péripéties de notre elfe détective.

Neige (Maxence Fermine)

note: 5Sublime ! Yann - 10 décembre 2016

Avec Neige, Maxence Fermine immerge le lecteur au coeur du Japon du XIXe siècle. Yuko, un jeune homme talentueux, décide de devenir poète. Chaque hiver, il s'installe dans la montagne pour composer 77 haïkus, tous consacrés à la neige. Mais pour améliorer sa poésie, Yuko doit partir suivre l'enseignement du maître Soseki.
La voix du comédien Marc Hamon sublime le texte de Maxence Fermine. Ce court roman, écrit à la manière d'un conte, mêle habilement art et amour. L'écriture de l'auteur est dépouillée, concise, maîtrisée, chaque mot est pesé au service de l’œuvre. La flûte japonaise Shakuhachi et les haïkus légèrement disséminés dans ce roman finissent de conférer à l'ensemble une ambiance typiquement japonaise. A écouter d'urgence !

Par bonheur, le lait (Neil Gaiman)

note: 3Les produits laitiers sont nos amis pour la vie ! Yann - 11 novembre 2016

Parce qu'il n'y a plus de lait pour le petit-déjeuner des ses enfants, un père de famille part en acheter à l'épicerie voisine. C'est sans compter sur des extraterrestres gloubonneux, des pirates du XIXe siècle, un stégosaure ou même des wompires qui, chacun à leur manière, l'empêche de rentrer chez lui avec sa précieuse bouteille de lait. Par bonheur, il n'abandonnera jamais le précieux liquide qui d'ailleurs lui sauvera la vie plus d'une fois...
Totalement loufoque, le récit concocté par le génialissime Neil Gaiman, permet aux plus jeunes de découvrir le concept de voyage spatio-temporel et des problèmes qu'il peut poser. Ce court roman constitue une jolie initiation humoristique à la science-fiction. Le dessinateur, Boulet, a su s'approprier avec brio l'univers de Gaiman donnant vie aux personnages et aux situations abracadabrantesques de l'histoire.

Harry Potter n° 08
Harry Potter et l'enfant maudit (Jack Thorne)

note: 5Enfin ! Yann - 9 novembre 2016

Quel plaisir de retrouver Harry Potter et l'univers magique de J.K. Rowling. Hermione, Ron, Ginny, Drago, ils sont tous de retour pour une aventure qui reprend exactement là où s'arrêtait le dernier tome "Harry Potter et les reliques de la mort". Sur le quai 9 3/4, Harry, devenu adulte, laisse son fils Albus partir à Poudlard, l'école des sorciers. Il y rencontre Scorpius, le fils de Drago. Contre toute attente, malgré l'inimitié que se vouent leurs parents, Albus et Scorpius deviennent les meilleurs amis du monde. Mais des rumeurs sombres courent sur le fils Malefoy et Harry Potter voit d'un mauvais œil les fréquentations de son fils. Albus, de son côté, a dû mal à assumer l'héritage héroïque de son père.
Cette pièce de théâtre est si simplement écrite que l'on a l'impression de renouer avec les romans de l'auteure. L'histoire fait d'ailleurs référence aux anciens volumes et les revisite à sa manière (ici, je ne peux en dire plus pour laisser l'effet de surprise aux lecteurs). L'univers inventé par Rowling est si présent que l'on en vient à se demander comment de tels effets magiques peuvent être retranscrits sur scène. Réjouissons-nous en tout cas qu'Harry Potter puisse faire lire du théâtre à nos enfants ! Hormis les aspects fantastiques du livre, les auteurs abordent avec une facilité déconcertante plusieurs sujets importants : les relations père/fils, la culpabilité du héros sur certains aspects de ses actes passés, les notions d'amitié et d'amour filial, la quête d'identité à l'adolescence... On y retrouve cependant la pincée d'humour qui ont fait d'Harry Potter une des plus grandes sagas de la littérature jeunesse. A dévorer sans attendre !

Templiers n° 01
La chute (Jordan Mechner)

note: 4A la recherche du trésor des Templiers... Yann - 27 octobre 2016

Le mythique trésor de l'ordre des Templiers a toujours fasciné historiens et auteurs de fiction. Jordan Mechner et ses deux dessinateurs LeUyen Pham et Alex Puvilland livre leur propre version de cette légende... Ils imaginent la conspiration ourdie par Martin de Troyes et sa bande de pieds nickelés pour voler le trésor à la barbe du Roi de France et du terrible Guillaume de Nogaret. Basée sur des faits historiques, la fiction de Mechner reste crédible mais terriblement romanesque. Cette série en deux tomes propose un superbe divertissement bourré d'action, de conspiration, de secrets, de combats à l'épée et d'amour...

Snoopy et les Peanuts (Steve Martino)

note: 3Tu viens jouer Charlie Brown ???? Yann - 14 octobre 2016

Charlie Brown tombe amoureux de la petite fille rousse. Mais il se trouve nul, maladroit, peu intéressant. Snoopy et sa bande de copains vont l'aider à lui remonter le moral et à conquérir l'élue de son cœur...
Particulièrement fidèle à la bande dessinée de Charles M. Schulz, Snoopy et les Peanuts est une adaptation réussie, malgré le challenge d'adapter en long-métrage une BD composée uniquement de strips. Les gags de Snoopy et Woodstock ponctuent le film, le rendant très drôle. Même le graphisme des personnages a été conservé ! Voici un film tendre et intelligent, réservé aux plus jeunes qui se reconnaîtront facilement dans chacun des Peanuts...

Kingsman (Matthew Vaughn)

note: 5Tailleur pour hommes Yann - 29 septembre 2016

Derrière la façade de la très select boutique de tailleurs pour homme Kingsman, se cache une redoutable organisation secrète d'espionnage britannique. Les espions qui en font partie subissent une sélection d'élite pour devenir un parfait gentleman britannique et un terrible combattant de l'ombre. Eggsy, dont le père est mort en mission, est recruté pour passer les épreuves et devenir Kingsman. C'est sans compter sur ses adversaires et les machinations diaboliques d'un militant écologique milliardaire...
Ce dynamique film d'espionnage est une pure petite merveille bourrée d'action et d'humour, à la bande-son rock survitaminée. Les scènes de combat lorgnent du côté de Kill Bill de Tarantino ou de Kick ass (du même réalisateur). Âmes sensibles, attention. Quant au scénario en lui-même, il est digne d'un James Bond en plus loufoque ! Des acteurs confirmés (Colin Firth, Michael Caine, Samuel L. Jackson) aux jeunes révélations (Taron Egerton), le casting achève de faire du film de Matthieu Vaughn un cocktail sanglant, drôle et jubilatoire, à ne pas manquer !

Rendez-vous à Crawfish Creek (Nickolas Butler)

note: 5Quelques nouvelles de l'Amérique profonde... Yann - 1 septembre 2016

Dix tranches de vies d'hommes et de femmes dans le Midwest américain. Voilà ce que nous propose Nickolas Butler. Ses personnages sont profondément humains, confrontés à des situations tantôt tragiques, tantôt banales, tentant de s'en sortir du mieux qu'ils le peuvent. Il se dégage de ces courts récits aussi bien du suspens (la nouvelle "Brut aromatique" tient le lecteur en haleine), de la nostalgie ("Pommes") ou de la tendresse ("Un goût de nuage"). Le paysage américain (rocheuses, rivières, champs à perte de vue, lacs gelés...) en toile de fond offre un cadre idéal à ces histoires comme pour apaiser la folie des hommes. "Des nouvelles en gris foncé" (dixit la traductrice) qui laissent une large place à l'introspectif et à la rédemption de personnages ordinaires et touchants.

La femme qui dit non (Gilles Martin-Chauffier)

note: 4Dites oui à "La femme qui dit non" ! Yann - 10 août 2016

"La femme qui dit non" du titre est Marge, une jeune anglaise qui tombe amoureux de l’Ile aux Moines en même temps que de Blaise et de Matthias, deux îliens. Du premier, elle fait son mari, du deuxième son amant. Mais la Seconde Guerre mondiale pointe son nez et Blaise rejoint le général de Gaulle à Londres. Son fils, né durant la guerre, n’est pas le sien mais celui de Matthias. Marge n’aura de cesse de cacher la vérité à son mari, à sa famille…
Le roman de Gilles Martin-Chauffier mêle habilement le portrait d’une femme de caractère - tantôt amante, tantôt résistante ou même joueuse de casino - et l’histoire du Golfe du Morbihan. Ce sont trois décennies de la vie politique française, du quotidien des Bretons, de l’histoire bretonne qui servent de toile de fond à cette saga familiale. De la seconde Guerre Mondiale à la guerre d’Algérie, on y croise résistants, collabos, indépendantistes bretons, communistes, pétainistes repentis, le Général de Gaulle et Mitterrand. Dans ce contexte social, Marge est un électron libre qui vit sa vie comme elle l’entend, flirtant entre prise de position politique, indépendance et frivolité. A l’image des courants du Golfe qu’elle chérit tant, Marge est changeante, forte, bouillonnante et toujours en mouvement. Un beau portrait de femme libérée donc, mais aussi un vibrant hommage à l’Ile-aux-Moines, à sa quiétude, sa beauté et ses paysages enchanteurs.

Le monde fantastique d'Oz (Sam Raimi)

note: 3Oz que c'est magnifique ! Yann - 10 août 2016

Comment le magicien d'Oz est-il arrivé dans ce pays merveilleux ? Pourquoi la méchante sorcière de l'Ouest est-elle devenue si méchante ? Qui est vraiment le lion peureux ? Voici quelques unes des questions auxquelles répond cette production Disney. Il constitue un préquel au fabuleux roman de L. Frank Baum, "Le Magicien d'Oz" et développe ce qui se déroule avant que Dorothée ne débarque au pays d'Oz.
Décors fabuleux, magie à foison, effets spéciaux spectaculaire... Le Monde fantastique d'Oz est un beau film à voir en famille qui s'inscrit dans la lignée des films Disney comme Maléfique, Cendrillon, Alice au pays des Merveilles ou encore le très récent Livre de la Jungle...

Purée de cochons (Stéphane Servant)

note: 4De l'importance de savoir lire ! Yann - 26 juillet 2016

Imaginez que vous ne sachiez pas lire... Comment pourriez-vous cuisiner trois petits cochons en purée sans recette ? C'est ce qui arrive au loup ! Les porcelets de cette histoire profitent de l'ignorance de ce dernier pour lui jouer une mauvaise blague... Du miel dans une purée de cochons ? du fromage ? du beurre ? Qu'à cela ne tienne ! Le loup part chercher les ingrédients. Mais ne pas savoir lire lui pose quelques problèmes... Alors le loup réussira-t-il sa purée ? Les cochons se sortiront-ils de ce mauvais pas ?
Après "La culotte du loup" et "Boucle d'Ours", le duo Laetitia Le Saux et Stéphane Servant nous revient avec un nouvel album tous aussi drôle que les précédents et qui évoque l'importance d'apprendre à lire et d'aller à l'école !

Artistes femmes (Manuelle Blanc)

note: 5Elles ont osé ! Yann - 26 juillet 2016

Connaissez-vous Artémisia Gentileschi, Angelica Kauffmann, Elisabeth Vigée-Lebrun, Berthe Morisot ? Non ? Si les noms de ces femmes peintres ne vous évoquent rien, c'est certainement parce que les historiens de l'art les ont volontairement oubliées au profit de ces messieurs : Van Dyck, Manet, Rembrandt... Pourtant, ces Artistes ont marqué leurs époques respectives, certaines s'étant battues pour devenir reconnues et vendre leurs toiles. Le beau documentaire de Manuelle Blanc leur rend hommage et les remet en lumière. A travers ces portraits d'artistes oubliées, c'est également la place réservée aux femmes dans notre société durant quatre siècles qui est évoqué.

Matous chantent Boby Lapointe, Bourvil... (Les) (Matous (Les))

note: 5Joyeux et truculent ! Yann - 16 juillet 2016

Ces drôles de matous ont la pêche : et pour cause, ils livrent un disque tout en bonne humeur et en truculence. Vous avez rendez-vous avec la gouaille des frères Jacques, la bêtise de Bourvil, les jeux de mots de Boby Lapointe ! Un phrasé rigolo, une orchestration dynamique plongent les enfants dans les années 50 : un vent de liberté et d'humour souffle sur ce disque inspiré.

Horrorstör (Grady Hendrix)

note: 4Réservé aux porteurs de la carte Orsk family ! Yann - 6 juillet 2016

Amy travaille chez Orsk, un magasin de meubles très semblable à ceux d'Ikea. Depuis quelques temps, le magasin est retrouvé sens dessus dessous à son ouverture. Basil, responsable, demande à Amy et Ruth Ann de rester toute une nuit à enquêter. Les employés vont vivre une nuit cauchemardesque !
A première vue, le livre se présente comme un catalogue Ikea, de la couverture à l'intérieur du roman, de la description des meubles au vocabulaire employé. Voilà de quoi piquer la curiosité du lecteur. A la lecture, ce sentiment est vite rattrapé par l'angoisse et la peur : il faut beaucoup de sang-froid pour subir la scène de la séance de spiritisme sur la table Franjk, de la poursuite de zombies à travers les canapés Brooka ou de la torture d'Amy dans un fauteuil Bodavest. Et un brin d'humour aussi...

Ma meilleure amie, sa soeur et moi (Lynn Shelton)

note: 4Touchant ! Yann - 3 juin 2016

Un an après la mort de son frère, Jack est encore au bord du gouffre. Iris, sa meilleure amie, lui propose de faire le point dans le chalet familial, sur une île, seul. En arrivant là-bas, il y découvre la sœur d'Iris, Hannah, venue soigner une rupture amoureuse. Après quelques verres, ces deux-là couchent ensemble. Mais Iris débarque à l'improviste le lendemain... Tout en pudeur et en tendresse, Lynn Shelton propose l'histoire intime d'un trio "amoureux" qui verra son équilibre bouleversé par des révélations inattendues ! Le film est porté par les prestations d'Emily Blunt, Rosemarie Dewitt et Mark Duplass, tous parfaitement crédibles. Touchant !

Sur les ailes du monde, Audubon (Fabien Grolleau)

note: 4Audubon, que du bon ! Yann - 3 juin 2016

Connaissez-vous Jean-Jacques Audubon ? Non ? Pourtant, il s'agit d'un des scientifiques français du XIXe siècle les plus connus... aux États-Unis ! Imaginez, un Français aussi connu que Lafayette ! Et pourtant, en France, ce grand ornithologue qui recensa l'avifaune d'Amérique du Nord est un célèbre inconnu. Cette bande dessinée naturaliste vous permettra de (re)découvrir la vie d'aventures que mena ce grand amoureux des oiseaux. Les peintures et aquarelles qu'il dessina tout au long de sa vie bouleversèrent l'ornithologie. Ce grand homme est à ranger aux côtés de scientifiques comme Darwin, Buffon, von Humbold, qui vécurent tous au 19e siècle, à l'époque où science rimait avec aventure et voyage !

Bruxelles (Boulevard des Airs)

note: 3Boulevard des airs (enchanteurs) Yann - 24 mai 2016

De Boulevard des airs, ce sont les titres "Emmène-moi" et "Bruxelles", entendus à la radio, qui m'ont d'abord interpellé. Et étonnamment, le reste de l'album n'est pas forcément à l'image de ces deux titres mais tout aussi divertissant. Le groupe propose une musique influencée par des airs espagnols (plusieurs titres sont écrits dans cette langue) mélangés aux sonorités des cuivres et des guitares. Voici un album plus proche de la world music que de la chanson française, de quoi passer un bon moment de détente.

Texas cowboys : the best wild west stories published n° 02
Texas cowboys (Lewis Trondheim)

note: 4Le Bon (journaliste), la Brute (au grand coeur) et le Truand (manchot) Yann - 29 avril 2016

Trondheim et Mathieu Bonhomme livrent ici tout ce que l'on est en droit d'attendre d'un bon western : cowboys, indiens, saloons, jolies pépés et règlement de comptes au colt. Mais la manière dont ils amènent leur récit est tout à fait original : il est découpé à la manière d'un roman-feuilleton du XIXe siècle pour lequel écrit Harvey Drinkwater, le protagoniste principal. L'autre piquant de cette série : sa galerie de personnages haut en couleurs ! Pour ce tome, j'ai une vraie préférence pour Butch La Framboise, la brute au grand coeur et pour Thomas Woodham, le cowboy manchot qui ponctue toute l'histoire par ses récits sur la manière dont il a perdu son bras en échange d'un verre de whisky ! Du bon, du très bon western !

Sauvage (Aurélie Bévière)

note: 4Parcours de vie Yann - 22 avril 2016

On connaissait Victor, l'enfant sauvage de l'Aveyron, voici l'histoire véridique de Marie-Angélique Le Blanc, enfant sauvage de la Champagne. Les auteurs nous font découvrir la vie incroyable de cette fillette trouvée dans les bois devenue une femme bourgeoise et lettrée, non sans mal. Se basant sur deux ouvrages, les deux scénaristes ont mené leur propre enquête concernant ce personnage historique, en ont rassemblé les bribes et ont ensuite extrapolé sur les périodes inconnues de la vie de cette femme pour en faire un récit d'aventures passionnant.
Les dessins de Gaëlle Hersent, vifs et colorés, restituent avec intensité les mésaventures de Marie-Angélique, son enfance, sa réadaptation à la vie sociale. Morvan et Bévière ont eu la lumineuse idée de raconter cette vie comme une enquête, par fragments, par flash-back, à l'image de la mémoire défaillante de Marie-Angélique.

Mustang (Deniz Gamze Erguven)

note: 5Liberté à tout prix ! Yann - 19 avril 2016

Au travers du destin d'une fratrie de cinq sœurs dans le fin fond de son pays, la Turquie, le réalisateur dresse le portrait d'une génération de jeunes femmes éprises de liberté qui se heurte à des traditions culturelles et des mœurs arriérées. Arrêt de scolarisation, mariages arrangés, cours de travaux ménagers, les sœurs subissent le pire des esprits étriqués de leur famille qui les cantonnent au rôle d'épouse, là où elles voudraient s'épanouir dans leurs vies d'adolescentes. Chacune d'entre elles devra trouver sa voie, entre résignation, acceptation, suicide ou exil. Un film poignant, intimiste et tendre qui a reçu une multitude de prix ou de nominations dont le César du meilleur premier film en 2016.

Molosses (Craig Johnson)

note: 3Ambiance polaire Yann - 15 avril 2016

Durant, Wyoming. Le shérif de la ville est en charge d'une affaire sordide : retrouver le propriétaire d'un pouce trouvé dans une glaciaire laissé à l'abandon dans la décharge municipale. C'est le début d'une longue affaire dans laquelle se mêlent meurtres, trafic de drogue et projets immobiliers frauduleux... le tout se déroulant dans une ambiance polaire, la neige ne cessant de tomber sur les montagnes du comté d'Absaroka.
Craig Johnson a crée un superbe enquêteur en la personne de Walt Longmire : ironique, grinçant, drôle, subversif... L'humour du shérif et de sa collaboratrice Vic ponctuent l'enquête criminelle et allègent l'atmosphère de ce polar. L'auteur écrit une série passionnante aux personnages simples et attachants, à l'antipode des experts criminels et scientifiques des grandes villes américaines. A découvrir !

Madame Foresti (Florence Foresti)

note: 3Et plutôt deux fois qu'une... Yann - 18 mars 2016

Si vous aviez laissé Florence Foresti, jeune maman "épanouie" dans son précédent spectacle Mother Fucker, vous ne serez pas surpris de la découvrir en quarantenaire déprimée et mère dépassée. A travers une dizaine de sketches, Florence Foresti brosse le portrait de sa génération, égratignant au passage les mamans calmes, les papas cool, les nouvelles technologies, les philosophes grecs ou "le club des strings" (Rihanna et cie). Rien que ça ! Heureusement, pour elle, l'humoriste aperçoit au bout du chemin la cinquantaine... Un spectacle mordant et drôle, Foresti, seule en scène, sans artifices, au meilleur de sa forme.

Les cobayes (Tonino Benacquista)

note: 3Crash test Yann - 14 mars 2016

"Les cobayes" fait fortement écho aux scandales du Médiator des laboratoires Servier ou plus récemment des essais cliniques de Biotrial à Rennes. L'album de Benacquista et Barral nous plongent dans les coulisses des essais d'un nouvel antidépresseur. Trois cobayes, deux hommes et une femme testent ce médicament avant son autorisation de mise sur le marché. Ce qui n'était qu'un moyen de gagner de l'argent va bouleverser leur vie. Le médicament provoque une inversion de leur personnalité : l'artiste ratée devient une star de l'art pop, l'éjaculateur précoce un dom juan aux multiples conquêtes... etc. Mais ces effets secondaires vont leur apporter bien des ennuis...
Les auteurs traitent ce sujet avec une pointe d'humour et de suspens ; il ne s'agit pas moins d'une BD qui fait tout de même réfléchir aux enjeux de la recherche médical, de la mainmise des grands laboratoires sur notre santé et de l'opacité de leurs méthodes de tests médicaux. Un album aussi réussi sur le fond que sur la forme !

Le temps des Marguerite (Vincent Cuvellier)

note: 3Il est venu le temps des... Yann - 26 février 2016

En voilà une bien bonne idée : raconter en parallèle les aventures de deux petites filles appelées Marguerite à un siècle d'écart ! L'une des Marguerite vit en 1910, l'autre en 2010. La page est coupée en deux et l'on commence le livre en suivant le récit de chacune à son époque. Mais le jour où toutes deux découvrent une malle dans leur grenier et qu'elles tombent dedans, chacune se retrouve dans l'époque de l'autre. Pour la Marguerite du 21e siècle projetée en 1910, c'est la découverte d'une époque où les avions commencent tout juste à voler, où l'on ne parle pas à table sans y avoir été invité et où les domestiques sont plus proches que les parents. Au contraire pour Marguerite du début du siècle, 2010 s'avère être une bien drôle d'époque : on regarde des images qui bougent dans une boîte (la télé), les papas font des câlins et les copains sont étrangers...
Le décalage entre les modes de vie des personnages et les époques dans lesquelles elles atterrissent est vraiment plaisant. Chacune est confrontée à la nouveauté mais aussi à la peur ou au stress d'une période inconnue. La lecture est dynamique, le concept de double lecture fonctionnant à la perfection. Un titre à découvrir !!!

Macadam (Jean-Paul Didierlaurent)

note: 5Macadam Yann - 8 février 2016

Jean-Paul Didierlaurent excelle à se glisser dans la psychologie de ses personnages de papier. Chacune des onze nouvelles qui parsèment ce recueil présente un héros que l'on se prend à apprécier, détester mais qui ne laisse jamais indifférent. Comme toute bonne nouvelle qui se respecte, une fin, souvent inattendue, vient bouleverser le récit ! Ces courtes histoires nous obligent tantôt à sortir de notre zone de confort (notamment celle sur le condamné à mort dans "Menu à la carte"), tantôt à nous faire sourire devant ce que la vie offre de plus beau (une belle rencontre amoureuse dans "Macadam"). Une chose est sûre : la plume de Jean-Paul Didierlaurent est fort séduisante !

Les ensembles contraires n° 01
Première partie (Kris)

note: 5A la vie, à la mort ! Yann - 3 février 2016

Les deux auteurs de ces bandes dessinées sont également ses deux protagonistes. Eric, Christophe, deux adolescents dont l'amitié va être éprouvé par les aléas de la vie : chagrins d'amour, alcool, dépression mais aussi vacances entre copains, en famille, tournois de tennis de table... cette BD est une ode à l'amitié ! Ces deux-là sont comme frères, comme une famille. Les années 90 les ont vu grandir, mûrir et ont soudé à jamais leur histoire.
Les auteurs ont pris le parti de raconter chacun leurs souvenirs par un jeu de couleurs (violet pour Christophe, jaune pour Eric) permettant de poser un regard lucide et tendre sur cette époque, comme un jeu de ping-pong, les souvenirs de l'un éclairant et complétant ceux de l'autre. Le dessin de Nicoby, minimaliste et réaliste, finit d'apporter à cette histoire la dose de véracité qui en fait une vraie tranche de vie, qui fait du bien !

En finir avec Eddy Bellegueule (Édouard Louis)

note: 5De mon enfance, je n'ai aucun souvenir heureux. Yann - 29 janvier 2016

Avec ce premier roman, Edouard Louis touche à la fois au roman autobiographique, au roman social et à une critique de l'homophobie. Inspiré par son enfance, Edouard Louis critique vivement le milieu social où il a grandi : un petit village de Picardie au milieu d'une famille d'ouvriers RMiste, alcooliques qui le trouvent trop maniéré. Harcelé au collège par deux élèves, son alter ego, Eddy Bellegueule est obligé de faire un travail sur lui pour éviter d'être insulté par ses parents, frappé par ses bourreaux au point de se mentir à lui-même. En finir avec Eddy Belleguele est un roman poignant, dramatique qui montre la réalité d'une classe populaire parfois raciste, parfois naïve et violente qui rejette d'emblée ce qui ne correspond pas à sa "norme". Alternant langage populaire et écriture plus soutenu, Edouard Louis offre un texte dense, à la plume acérée et enlevée.

Une histoire d'hommes (Zep)

note: 5Jolie partition Yann - 16 janvier 2016

Quatre potes de jeunesse se retrouvent le temps d'un week-end à la campagne anglaise pour évoquer leur ancien groupe de rock et leur vingtaine envolée. C'est l'occasion d'évoquer des souvenirs et de découvrir quelle trajectoire chacun à emprunter... Mais le week-end n'épargnera pas Yvan dont la vie morose et les incertitudes vont être bouleversés par un secret enfin avoué...
Avec pudeur et une bonne dose d'humour, Zep, le papa de Titeuf, livre une histoire sensible et profonde. J'ai beaucoup apprécié les répliques entre les personnages, qui se vannent à tout bout de champ, donnant ainsi au récit une vraie crédibilité. Quant au dessin, Zep innove ! Il est loin le dessin humoristique de Titeuf ou des BD "Happy parents" ou "Happy sex", prouvant ainsi que le talent de ce dessinateur est multiple et immense. Enfin, les amateurs de rock apprécieront les références musicales disséminés tout au long de l'album.

Les nouveaux héros (Don Hall)

note: 4Survitaminé ! Yann - 12 janvier 2016

Voici un film Disney survitaminé, rempli d'humour et bourré d'action qui lorgne du côté des super-héros. A l'aide du robot infirmier B-max, tout doux, tout naïf, inventé par son frère, le jeune Hiro, petit génie de la robotique, va devoir combattre un méchant qui utilise une de ses inventions : des micro-robots qui s'associent les uns aux autres pour créer des structures immenses ! Hiro va alors former une équipe de super-héros et booster B-Max pour venir à bout de son concurrent !
Le film mêle habilement plusieurs genres : super-héroïsme, science-fiction, enquête, manga... Un cocktail détonnant aux effets visuels incroyables. Tu vas en prendre plein la vue !

La bibliothèque des coeurs cabossés (Katarina Bivald)

note: 3Comédie romantique ! Yann - 2 janvier 2016

Les amateurs de comédie romantique au cinéma devraient trouver leur bonheur en lisant ce roman suédois de Katarina Bivald ! Sara, suédoise, débarque à Broken Wheel pour y rencontrer sa correspondante américaine, Amy Harris. Mais à son arrivée, Amy est morte et elle se retrouve seule dans une ville inconnue. Qu'à cela ne tienne ! Sara va ouvrir une librairie avec les livres d'Amy dans le but de changer la vie des habitants de cette petite ville endormie d'Iowa . Tom, Andy, Jen, Caroline, Grace, George... leurs vies vont être bouleversées par Sara et les livres qu'elle leur conseille.
Amusant, plein de vie et de charme, ce roman fait mouche, distille par petites touches une bonne dose de bonheur et fait en plus l'apologie des livres et de la lecture ! Petit plus pour nos abonnés : nous avons une bonne partie des conseils de lecture de Sara et Amy à la médiathèque, n'hésitez pas à nous les demander !

Oeuvre non trouvée

note: 4Mélancolie Yann - 17 décembre 2015

Dans le roman "Absentes", Ahmed Kalouaz écrit le deuil et l'absence : "Le coeur des gens est si fragile qu'il peut suffire d'une poussière, de trois fois rien, pour qu'il cavale de travers. La mort est une écharde. Alors le coeur tourne à vide en un monotone battement, comme un disque rayé".
Les Absentes du titre sont la soeur du narrateur, morte à vingt-cinq ans, trop jeune et la femme qu'il ne se lasse pas d'aimer, à distance. L'absence suit l'auteur où qu'il aille, comme un leitmotiv entêtant : à travers le deuil de ces deux histoires se dessine également en filigrane le deuil de sa propre mère qui n'en finit pas, une enfance malheureuse, un père mutique. Seul l'écriture d'une pièce de théâtre qui n'avance pas semble ramener le narrateur à la réalité ; il y projette ses angoisses, ses peurs, son propre travail de deuil. L'écriture comme catharsis. Il y a dans les lignes de ce roman une poésie et une mélancolie qui vous saisit et ne vous lâche plus, même une fois le roman terminé.

Les quatre saisons de l'été (Grégoire Delacourt)

note: 5Destins mêlés Yann - 10 décembre 2015

14 juillet 1999. Le Touquet. Cet été-là se jouent quatres destins. Quatre histoires d'amour. Celles de couples à quatre moments de la vie. Sur cette plage du Touquet, avec la chanson Hors saison de Cabrel en toile de fond, quatre personnes se croisent, s'aperçoivent. Leurs histoires d'amour se répondent, s'entremêlent parfois. Avec beaucoup de subtilité, de poésie, de grâce et de finesse, l'écriture de Grégoire Delacourt nous laisse entrapercevoir quatre trajectoires amoureuses qui nous bouleversent. Un livre sublime.

Suite française (Saul Dibb)

note: 4Amour impossible ? Yann - 25 novembre 2015

Suite française, adapté du roman éponyme d’Irène Némirovsky, prête à la réflexion. Durant la Seconde Guerre Mondiale, Lucile tombe amoureuse de Bruno. Elle est mariée et française, il est officier allemand. Malgré leurs réticences et les conventions, la passion grandit… Mais les évènements à Bussy se chargent de les séparer.
Loin du manichéisme courant - les boches sont les méchants, les français les gentils - Irène Némirovsky et le réalisateur Saul Dibb brossent un portrait de la France occupée tout en nuances : les Allemands étaient de jeunes hommes, les Françaises des jeunes femmes… Bruno, militaire malgré lui, et Lucile, future résistante, se rencontrent et s’aiment au mauvais moment. Et contrairement à ce que laisse à penser les habitants de Bussy, les collabos ne sont pas ceux que l’on croit. Un film fort, touchant, perturbant et tout en pudeur, porté par un casting brillant (Kristin Scott Thomas, Michelle Williams, Matthias Schoenaerts, Lambert Wilson...) et un air de piano entêtant.

Pirates (Michael Crichton)

note: 3Hissez la grand'voile ! Yann - 14 novembre 2015

Avec Pirates, Michael Crichton signe un roman d’aventures bien ficelé, au style simple et à l’écriture facile. L’auteur nous plonge au XVIIe siècle dans les Caraïbes, entre la Jamaïque et Cuba où sévit la piraterie. On se plaît à découvrir les aventures de Charles Hunter, gentilhomme et pirate, et de son équipage, parti attaquer une forteresse estimé inviolable pour y voler un galion espagnol rempli d’or. Combats sur mer, intrigue, complots, bagarres et rhum sont au programme ! Ce roman est agréable à lire, sans prétention aucune, si ce n’est celle de passer un bon moment à s’échapper loin du quotidien, sur le pont du Cassandra ou dans les haubans du Trinidad.

Babysitting (Philippe Lacheau)

note: 5Vraiment barré ! Yann - 21 octobre 2015

Le jour de ses 30 ans, Franck se voit contraint de garder le fils de son patron pour la soirée. Le lendemain, les parents sont réveillés par la police : Franck et Nicolas ont disparu. Les parents vont suivre les déboires de la soirée, organisée par les copains de Franck, par le biais de la vidéo laissée sur un caméscope numérique…
Du grand n’importe quoi, d’énormes fous rires, des acteurs déjantés, des situations dignes de Rémy Gaillard ou Mickaël Youn… voilà ce qui vous attend dans cette comédie jubilatoire qui ne marque aucun temps de pause. La bonne idée du film : les images subjectives du caméscope en complet décalage avec l’inquiétude des parents ! Vraiment barré !

Shadow Land (Nick Morris)

note: 5Au pays des ombres... Yann - 12 octobre 2015

Grandiose, unique, magique, éblouissant... Il n'y a pas de superlatif assez grand pour qualifier la beauté de ce spectacle de danse et de théâtre d'ombres. La compagnie Pilobolus signe un spectacle aux chorégraphies soignées et à l'esthétique rare : la prouesse des danseurs est de performer derrière un écran qui projette des ombres géantes et crée un univers onirique. L'héroïne de ce spectacle est une adolescente qui au travers de ce songe va se transformer en femme : un parcours initiatique qui n'est pas sans rappeler Alice au pays des Merveilles... Sublime !

Les gratte-ciel (Germano Zullo)

note: 4La folie des grandeurs ! Yann - 30 septembre 2015

Deux milliardaires ont la folie des grandeurs et décident l’un et l’autre de faire construire le plus haut gratte-ciel du monde ! Mais rien ne ressemble moins à un gratte-ciel que leurs immeubles : farfelus, imaginaires, impossibles… Mais est-ce une si bonne idée que cette drôle de lubie-là ?
Le format tout en hauteur de l’album permet à l’illustratrice Albertine de laisser libre cours à un imaginaire débordant. Les textes disséminés sur le dessin permettent à l’œil de suivre avec minutie et précisions les avancées de ces chantiers. Beaucoup d’humour dans cet album et une critique sur la soif de pouvoir de certains !

Le grand méchant renard (Benjamin Renner)

note: 5Ju-bi-la-toire ! Yann - 15 septembre 2015

Un renard cherche à manger les poules de la ferme voisine et se retrouve maman de trois poussins !!! Pourquoi ? Comment ? C'est ce que vous découvrirez avec jubilation dans cette bande dessinée à mourir de rire. Benjamin Renner a un sens de la blague qui fait mouche : on sent l'influence des cartoons des Looney Toons ou de Tex Avery !

Créatures fantastiques et monstres au cinéma (John Landis)

note: 5Livre frisson Yann - 9 septembre 2015

Superbe livre très illustré, ce documentaire du réalisateur John Landis nous entraîne dans les méandres du cinéma fantastique et d'horreur à la rencontre de créatures d'épouvante ou légendaires. Le livre est très riche en illustrations et en informations en tout genre : costumes, maquillages, vieilles affiches, photos de films. Découpé en chapitres thématiques autour d'une créature, ce livre vous guide à travers une faune étrange et superbe, prouvant au passage que l'imagination humaine n'a pas de limite. Un beau documentaire qui donne des envies de films et qui permet d'en savoir plus sur les vampires, les insectes, les extra-terrestres, les gorgones ou l'image du diable au cinéma !

Jamaica (Malcolm Braff)

note: 5A l'abordage ! Yann - 24 août 2015

Avec Jamaïca, vous plongerez avec délectation dans l'univers de la piraterie. Chaque joueur incarne un grand capitaine (Barbe noire, La Buse, Rackham...) et s'empare de l'un de ces bateaux pour un tour endiablée de plateau de jeu. Celui-ci représente l'île de la Jamaïque. Le but du jeu est de revenir à Port Royal (fief de la piraterie) les cales remplies d'or. Entre temps, le tour de l'île sera émaillée de combats contre les adversaires et de chasses au trésor. Le système de jeu est assez simple à comprendre ; chaque joueur choisissant grâce à ses cartes Action, s'il remplit ses cales, s'il avance ou s'il recule. Mais il ne sait pas ce que ses adversaires vont faire de leur côté et un combat peut surgir à n'importe quel moment. Une grande part de hasard est donc de mise dans ce jeu. Même la règle à deux joueurs avec le bateau fantôme est amusante. Jamaïca est un beau (les illustrations du plateau et des cartes sont superbes) et bon jeu !

En promenade (ANTHOLOGIE)

note: 4En promenade Yann - 22 août 2015

La collection Arte "Les films du préau" regroupe de nombreux DVD présentant un ensemble de courts-métrages d'animation de tous les pays pour enfants . Montrer un de ces DVD à un enfant, c'est l'initier à plein de techniques d'animation différentes dès son plus jeune âge : pâte à modeler, papier découpé, peinture... Dans le DVD "En promenade", j'ai un coup de coeur particulier pour "Le moineau qui ne sait pas siffler" que j'ai regardé en boucle avec mon neveu, le film est coloré, tendre, la musique y est sublime. A découvrir sans tarder !

Oeuvre non trouvée

note: 4Les petits poissons dans l'eau nagent aussi bien que les gros... Yann - 22 août 2015

Quelle bonne idée d'avoir réuni et animé des jolies comptines sur le thème de la mer ! Trois matelots invitent les enfants à découvrir ou re-découvrir de petites chansons. Celles-ci sont ré-orchestrées façon jazz, plus rythmées, plus gaies... Les personnages invitent les petits à mimer ou à danser avec eux. A la maison, ce fut un vif succès pour "Les petits poissons dans l'eau", "Ah les cro cro cro !" et "Tourne petit moulin" ! Alors, quelle comptine votre petit moussaillon préfèrera-t-il ?

Ma Maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill (Jean Regnaud)

note: 4Jolie petite histoire... Yann - 20 juillet 2015

Dans la vie de Jean, six ans, il y a un grand vide et une seule question qu'il n'ose pas poser : "elle est où ma maman ?". Jean Regnaud évoque un passage difficile de son enfance : l'absence d'un parent et le silence qui l'entoure. Pourtant cette BD n'est pas triste et si tu veux savoir comment se passait l'école, les vacances et les bêtises qu'un petit garçon pouvait faire dans les années 70, ce livre est pour toi. Cette bande dessinée oscille entre humour, nostalgie et tristesse. Et si tu as aimé la BD, tu peux aussi voir le film qui en a été adapté !

Oeuvre non trouvée

note: 3Rat de bibliothèque. Yann - 20 juillet 2015

A travers le personnage de Firmin, petit rat savant et dévoreur de livres, c'est à une déclaration d'amour à la littérature et au pouvoir des mots que se livre Sam Savage. Un petit roman très court qui n'épargne pas au passage le problème de l'exclusion et de la misère sociale. Firmin, à travers son regard candide d'animal, pose un œil acéré sur la société des hommes.

Voyage de noces avec ma mère (Véronique Sels)

note: 3Mordant ! Yann - 11 juillet 2015

Partir en voyage de noces avec sa mère ? Quelle drôle d'idée ! Voici un petit roman court, mordant, drôle qui ne manque pas de piquant. La narratrice qui raconte son voyage de noces en Californie où sa mère s'est incrustée ne manquera pas d'aller de situations rocambolesques en situations acadabrantesques : en vrac, sa rencontre avec un tueur à gages de belles-mères, une gay-pride, une explosion de station essence... et j'en passe ! Hilarant !

A toi pour l'éternité (Daniel Glattauer)

note: 4Lumineux ! Yann - 2 juillet 2015

Judith rencontre Hannes par hasard au supermarché. Hannes tombe fou amoureux d’elle. Judith met du temps à se laisser séduire. Mais alors qu’il a tout du gendre idéal et que les amis de Judith l’adorent, Hannes devient vite envahissant. Son amour est étouffant. Judith rompt. Mais Hannes n’est pas décidé à quitter sa chérie…
Voici un roman sur les relations de couple assez flippant et dérangeant. On comprend vite la réticence de Judith devant l’insistance et l’exigence amoureuse d’Hannes. Pourtant dans la deuxième partie du roman, on doute du point de vue de l’héroïne. Daniel Glattauer balade le lecteur, le laissant parfois volontairement dans la confusion : le problème vient-il réellement de cet amant éconduit ou de Judith et de sa psyché ? La fin du livre, bien que glaçante, offre cependant un grand réconfort, après tant de doutes.

Portugal (Cyril Pedrosa)

note: 5Essentiel ! Yann - 26 juin 2015

Portugal a une place de choix dans toute bonne bédéthèque idéale : il représente la quintessence de ce qui se fait de mieux en bande dessinée. L’album propose à la fois un récit, intime, profond, poignant et des dessins en couleur directe sublimes. Profond, le récit l’est parce qu’il touche à quelque chose d’universel : la quête d’identité par la compréhension de son passé. Qui étaient mes grands-parents portugais se demande le héros de cette BD ? Aurais-je été différent si j’avais grandi et vécu au Portugal ? A la recherche de ces racines, Simon se trouvera lui-même… Quant au dessin à mi-chemin entre le carnet de voyage et l’esquisse, il contribue à l’atmosphère douce et envoûtante qui s’empare du lecteur. Un livre essentiel, à n'en pas douter !

Cycle de Pendragon n° 01
Taliesin (Stephen Lawhead)

note: 3Arthur et Merlin, la génèse Yann - 24 juin 2015

C'est un portrait de Merlin, simple homme que propose Stephen Lawhead dans ce roman, bien loin du mythe de l'Enchanteur. Car dans ce roman, où la Grande Bretagne est plongé dans un âge sombre et où les rois luttent contre les barbares pictes ou saxons, Merlin fait figure de conseiller, de guide spirituel, de faiseur de rois. Il est le seul à entrevoir la solution pour unifier la Grande-Bretagne et repousser l'envahisseur.
Situant son roman vers la fin de l'Empire romain, l'auteur rompt avec la tradition arthurienne qui veut que les évènements liés à l'accession d'Arthur sur le trône se déroulent au Moyen-Age. Taliesin, son père et Merlin sont de simples hommes, doués de grand talent certes, descendants des habitants de l'Atlantide installés en Ynis Pridein. En ces temps reculés où les dieux et les croyances populaires sont légions, il n'en faut pas plus pour considérer ce peuple comme celui des Fées. Et de fait, Merlin comme un Enchanteur. Car s'il l'ait, Merlin est avant tout un visionnaire qui fait peu usage de ses pouvoirs de druide. Prônant l'amour d'un nouveau dieu et de son fils, le Christ, Merlin ouvre la voie vers un Royaume de paix où les hommes vivraient en harmonie... Et c'est sur Aurélius, puis Uther Pendragon qu'il s'appuiera avant de voir ses espoirs déçus. Reste alors un jeune garçon, fils d'Aurélius, Arthur...
Une superbe fresque romanesque où le côté historique l'emporte sur le côté fantastique.

Un océan d'amour (Wilfrid Lupano)

note: 4Drôlement tendre... Yann - 24 juin 2015

Il fallait toute la dextérité d’un scénariste comme Wilfrid Lupano et la maestria des pinceaux de Grégory Panaccione pour raconter une histoire sans paroles qui aborde d’aussi beaux thèmes que l’amour et la séparation. Le couple de ce récit, un pêchou et une bigoudène se retrouvent séparés par un océan. Ils vont vivre chacun des aventures rocambolesques : l’un se perd en mer, l’autre part à sa recherche, bousculant au passage une vie bien rangée. Se retrouveront-ils ?
Cet album est tendrement drôle et drôlement tendre. Certaines situations sont ubuesques comme le moment où notre bigoudène consulte une voyante qui lit l’avenir dans les galettes de sarrasin ! Ce qui n’empêche pas au passage, le scénariste d’effleurer des problèmes sensibles comme l’immigration ou la surpêche. Mais toujours avec une touche d’humour…

Minuit-Cinq (Malika Ferdjoukh)

note: 3A la manière d'Oliver Twist Yann - 20 juin 2015

L'auteure Malika Ferdjoukh dresse une formidable histoire dans un univers proche d'Oliver Twist de Charles Dickens. A Prague, la veille de Noël, trois orphelins sont à la recherche du collier perdu de la princesse Danilova... La lecture rythmée et croisée des deux comédiens Sandrine Nicolas et Benoît Marchand porte ce petit récit très court qui mélange habilement enquête policière, suspens, humour et beaucoup de tendresse !

Jeu de cochons (David Moffat Enterprises)

note: 3Lancer de cochons ! Yann - 3 juin 2015

Voilà un jeu drôle à jouer en famille, qui prend peu de temps et qui est facile à transporter. Pour jouer, chaque joueur à sa disposition deux petites figurines de cochons qui lui serviront de dés. A chaque tour de jeu, il faut réaliser une figure imposée avec ses petits cochons. Par exemple, un cochon sur le dos et un cochon sur ses pattes. Chaque figure rapporte des points à celui qui l'a réussi ! Mais attention, certaines figures involontaires sont éliminatoires : deux cochons qui se touchent par exemple !
Petit plus du jeu qui rend la partie encore plus marrante : si un joueur réussit à réaliser une figure du premier coup, il lance toutes les paires de cochons et selon les figures réalisées, il marque encore plus de points !!! Ce qui corse donc la partie pour ses adversaires !
Bref, avec ce jeu tout simple à comprendre, on passe quelques soirées agréables entre amis ou en famille et on devient vite addict au jeu des petits cochons ! Mais réussirez-vous à réaliser la figure la plus compliquée ? Pour ma part, je n'ai jamais réussi...

Ana Ana n° 03
Une virée à la mer (Dominique Roques)

note: 4Tendre enfance ! Yann - 23 mai 2015

Ana Ana, c'est la petite sœur de Pico Bogue, le gamin philosophe. Cette jolie petite blonde a sa propre série de BD pour les tout-petits. Entourée de ses doudous, elle vit de tendres aventures. Chaque tome propose une histoire très courte sur un thème particulier : la plage, le rangement, la cuisine, les super-héros... Ana Ana a été créée suite au succès de la série Pico Bogue. Les deux auteurs proposent un univers très tendre, très doux comme l'est l'enfance. On retrouve les couleurs à l'aquarelle d'Alexis Dormal qui contribuent à l'atmosphère poétique et drôle de la série. Voici de jolis albums à proposer aux enfants qui commencent à lire !

Le plus petit baiser jamais recensé (Mathias Malzieu)

note: 4Baiser volé, baiser envolé... Yann - 4 mai 2015

Après avoir vu "Jack et la mécanique du coeur" et écouté en boucle la BO du film, j'ai eu l'envie de lire un roman de Mathias Malzieu afin de découvrir un peu mieux son univers créatif. Et je n'ai pas été déçu... Le plus petit baiser jamais recensé raconte les déboires amoureux d'un inventeur-dépressif qui tente de reconstruire le trou béant qui remplace son coeur suite à une douloureuse histoire passée. Il rencontre une jeune femme qui devient invisible dès qu'ils échangent le plus petit baiser jamais recensé. Il lui faudra bien l'aide d'un détective à la retraite, d'une jolie pharmacienne, d'un perroquet enregistreur et de quelques baisers chocolatés pour retrouver sa belle envolée...
Mathias Malzieu n'a pas son pareil pour brosser un univers bien à lui : à grands renforts de poésie, de loufoquerie, de jeux de mots et de métaphores fantasmagoriques, il écrit une enquête amoureuse classique mais qui, sous sa plume, possède une originalité folle. Voici un roman rondement mené à la manière d'un Roald Dahl ou d'un Boris Vian !

Jack et la mécanique du coeur (Stéphane Berla)

note: 5Le chef d'oeuvre animé et musical de Mathias Malzieu Yann - 28 avril 2015

Mathias Malzieu et Stéphane Berla signe un petit bijou de film d'animation : une belle histoire d'amour, tendre et sensible entre une jolie chanteuse de flamenco presbyte, Miss Acacia et un jeune homme au cœur défectueux remplacé par une horloge mécanique. Dans cet univers loufoque et magique, tout sépare les deux amoureux : le méchant Joe, le cœur de Jack qui ne doit sous aucun prétexte tomber amoureux, les souvenirs de Miss Acacia. Georges Méliès viendra au secours de ces deux tourtereaux qui n'osent pas se donner l'un à l'autre.
Le film est porté littéralement par sa bande-son signé Dyonisos (Mathias Malzieu en est le chanteur) et Olivia Ruiz (qui double Miss Acacia). Une pléiade de stars signent les voix des personnages (Jean Rochefort, Grand Corps Malade, Alain Bashung, Arthur H, Emily Loizeau) contribuant au succès de ce dessin animé poétique et burlesque. Un beau et grand succès !

On ne voyait que le bonheur (Grégoire Delacourt)

note: 5Quête de bonheur Yann - 4 avril 2015

C'est un roman plus sombre que les précédents que nous livre ici Grégoire Delacourt. Il y aborde un thème compliqué : comment construire une vie d'adulte après avoir grandi dans l'ombre d'une mère qui vous a abandonné ? Comment donner de l'amour et de la tendresse à ses enfants sans en avoir reçu soi-même ? C'est dans ces doutes que tente de s'épanouir Antoine. Malheureusement, rattrapé par la vie quotidienne et son passé trop pesant, il commet un geste dramatique.
Construit en trois parties, le récit alterne entre les souvenirs d'enfance d'Antoine, sa vie après l'acte odieux et le journal de sa fille, traçant ainsi la chronique sociale d'une famille, qui cumule les erreurs, génération après génération, et participe pas à pas à une quête du bonheur existentielle.
Pourtant, si l'on se prend à détester Antoine, tout n'est pas noir et lui aussi finira par trouver son chemin. Dans la noirceur de ce récit, il existe une lueur d'espoir pour chacun des personnages. "Je me suis dit que le bonheur on ne le sait qu'après ; on ne sait jamais qu'on ait en train de le vivre, contrairement à la douleur" écrit Grégoire Delacourt. Il a totalement raison !

Au pays d'Alice... (Ibrahim Maalouf)

note: 5Ecoute-moi ! Yann - 3 avril 2015

Des dessins animés, des ballets, des films, des albums jeunesse... l’œuvre de Lewis Carroll, Alice au Pays des Merveilles a séduit et inspiré de nombreux créateurs. Le rappeur Oxmo Puccino et le trompettiste Ibrahim Maalouf ont eu la merveilleuse idée de s'emparer à leur tour de ce chef d’œuvre. Et grand bien leur en a pris !
La musique composée par Maalouf colle parfaitement à l'univers délirant et rocambolesque du Pays des Merveilles, lui offrant en outre une atmosphère magique, énigmatique et intemporel. Oxmo Puccino s'amuse, quant à lui, avec les mots. Il détourne les codes du livre, se l'approprie avec grâce et finesse, scandant un slam, tantôt poétique, tantôt drôle. Chaque grande scène du récit donne lieu à un morceau spécifique : la chute d'Alice, la course saugrenue, la rencontre avec la Chenille, le thé extravagant avec le Chapelier, la partie de croquet (certainement le morceau le plus original de l'album)... Soulignons enfin la participation de la maîtrise de Radio France qui sublime chaque chanson et qui contribue à l'atmosphère magnifique de cet album !

Ven ven (Raul Paz)

note: 4Baila ! Yann - 7 mars 2015

Quand le printemps revient et que les premiers rayons de soleil réchauffent les carreaux, je ne sais pas pour vous, mais il me vient l'envie de voyages lointains et de danser. Et bien figurez-vous que c'est exactement ce que vous propose Raul Paz avec son CD "Ven Ven" ! Un beau voyage musical vers Cuba et sa musique envoûtante vous attend. Attention ! il est fort probable que les rythmes salsa contenus dans ce CD vous fassent bouger votre popotin ! Pas de panique, laissez-vous aller, l'été est bientôt là, Raul Paz vous y conduit tout droit !

Maléfique (Robert Stromberg)

note: 3On nous aurait donc menti ? Yann - 20 février 2015

L'une des tendances fortes du moment au cinéma ou à la télévision est de réécrire ou revisiter les contes de fées. La série Once upon a time ou la firme Disney sont des spécialistes du genre. Après Le Magicien d'Oz et Alice au pays des Merveilles, La Belle au bois dormant n'échappe donc pas à ce phénomène. Mais soyons francs, on aime ça ! Et Maléfique est un petit bijou dans le genre. Car s'il est bien une méchante emblématique du monde Disney, c'est bien la fée Maléfique !
Dans cette nouvelle version, Maléfique est une jeune fée paisible qui protège le royaume de la Lande contre les humains. Bernée par un amour de jeunesse, elle se voit privée de ses ailes et décide de se venger de son ex-prétendant qui n'est autre que le futur père d'Aurore, le roi Stéphane. On comprend alors mieux pourquoi Maléfique s'en prend à la Belle au bois dormant...
Car l'histoire de Maléfique, c'est celle d'un malheur derrière la noirceur et le mal apparent. Si l'on gratte un peu le vernis, on découvre la tristesse et le chagrin qui affleure. Comme tout bon méchant qui se respecte, c'est le parcours chaotique qui fait le personnage. A ceci près, que le film de Disney, nous rend Maléfique beaucoup plus sympathique.
A chacun donc de se faire son opinion : préférez-vous que Maléfique reste à vos yeux la méchante du film d'animation ou la gentille trahie du film live ?

Adrastée n° 01
Tome 1/2 (Mathieu Bablet)

note: 4Mythe inventé Yann - 11 février 2015

Le roi d'Hyperborée est immortel. En mille ans, il a eu le temps de vivre et de voir disparaître son Royaume les gens qu'il a aimé. Sa vie n'a que trop duré et il décide de quitter sa contrée pour aller questionner les Dieux sur le Mont Olympe et en apprendre plus sur cette immortalité qu'il considère comme un malédiction. Pourquoi lui ? Comment s'en défaire ?
A la manière d'un mythe comme celui d'Hercule ou l'Odyssée d'Ulysse, Mathieu Bablet invente un personnage qui traverse l'Europe et rencontre lors de son voyage de nombreuses créatures de la mythologie grecque : les Muses, les Cyclopes, les Dieux et même les Moires. Traversant de nombreuses épreuves avant d'atteindre sa destination, ce Roi tente de se remémorer par bribes ce que fut sa vie. Mais il peine à s'en souvenir. Cette BD, avant tout contemplative, est un vrai repos. Au fil des pages et des cases, Mathieu Bablet dépeint des univers et des paysages imaginaires d'une beauté et d'une quiétude incroyable. Qu'ils s'agissent de grandes étendues sauvages ou de villes à l'architecture onirique, il excelle dans son dessin et dans ses couleurs. Ces sublimes dessins sont au service d'une histoire fantastique, simple et touchante : celle d'un homme qui perd ses souvenirs et donc son identité. Gageons que ce mythe aurait pu trouver sa place dans le foisonnement de la mythologie gréco-romaine.

L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea (Romain Puértolas)

note: 5Njut ! Yann - 11 février 2015

"Les Suédois, qui étaient des personnes très avisées, avaient même cru bon de dessiner une ligne jaune sur le sol pour indiquer le chemin à suivre au cas où l'un des visiteurs aureint eu la mauvaise idée de sortir des sentiers battus. Tout le temps qu'il fut au premier étage, Ajatashatru ne s'écarta donc jamais de cette ligne, pensant que les rois du meuble en pin avaient certainement posté des snipers en haut des armoires afin de faire avorter toute tentative d'évasion en abattant sur-le-champ tout client pris d'une soudaine envie de liberté."
Ainsi commence l'histoire de ce drôle de fakir qui décide de venir en France chez Ikea pour s'acheter un lit à clous, Kisifrötsipik. En chemin, il a la mauvaise idée d'arnaguer un conducteur de taxi Gitan qui n'aura de cesse de le poursuivre durant tout le roman. Ce qui pimente particulièrement le voyage que va entamer à son insu l'Indien enfermé par mégarde dans une armoire bleu tortue Ikea. Durant son périple, Ajatashatru ("prononcez Achète un chat roux") rencontrera pêle-mêle une actrice de cinéma, une famille de gitans, un Soudanais clandestin, un éditeur, un pirate libanais et l'Amour !
Vous l'aurez compris, ce livre déjanté et rempli d'humour ne se prend pas au sérieux et c'est tant mieux ! Mais au passage, on parrend plein de choses sur le sort des clandestins qui tentent le voyage de la Mediterranée à l'Angleterre. Un livre drôle et engagé à la fois, qui se lit d'une seule traite !

RedLine (Takeshi Koike)

note: 3Les fous du volant version déjantée Yann - 4 février 2015

Dans un monde futuriste, des pilotes de voitures modifiées se disputent les meilleurs circuits de la mythique course RedLine. Dans ces courses, tous les coups sont permis : missiles, accélérations fulgurantes, sorties de piste. La nouvelle édition de la RedLine doit avoir lieu sur une planète qui ne souhaite pas l'organiser sur son sol : en plus d'éviter les pièges de leurs concurrents, les pilotes doivent être vigilants à ceux tendus par l'armée locale...
Takeshi Koike a soigné visuellement son film : le design de l'animation rappelle celui de certaines oeuvres de street art. Côté scénario, il faut s'attendre à un croisement entre les fous du volants version déjantée, Mario Kart version adulte et Fast and furious sous tension. Un joli cocktail d'adrénaline donc... Satanas et Diabolo n'ont qu'à bien se tenir !

So shocking ! (Alan Bennett)

note: 4So british ! Yann - 19 janvier 2015

Ce qui fait rire dans les romans d'Alan Bennett, c'est le comique de situation et le côté décalé ! Après "La reine des lectrices", l'auteur anglais signe deux truculentes nouvelles dont les très guindées Mrs Donaldson et Mrs Forbes sont les héroïnes. Ces deux bourgeoises anglaises vont se retrouver dans des situations absurdes : Mrs Donaldson se voient payer son loyer sous forme de séances bibliques par deux jeunes locataires. Et là voilà bien obligé de constater que se rincer l'oeil lui offre une deuxième jeunesse. La deuxième nouvelle de ce recueil met Mrs Forbes au centre d'une situation familiale détonante dans laquelle son fils homosexuel se marie avec une jeune femme faussement naïve qui gère de main de maître les ficelles de la bourse nuptiale tout en couchant avec son beau-père et en déjouant le chantage auquel doit faire face son mari... Et Mrs Forbes dans tout ça ? Vous le découvrirez en lisant "So shocking"; Promis, vous ne serez pas déçu !

La femme au carnet rouge (Antoine Laurain)

note: 4Comédie romantique Yann - 12 janvier 2015

J'aime les histoires d'amour qui parlent de rencontres.
J'aime le hasard.
J'aime que le personnage soit libraire et s'appelle Laurent.
J'aime qu'il y ait des chats.
J'aime les carnets rouge Moleskine.
Laure se fait agresser devant chez elle. On lui vole son sac à main. Laurent le découvre abandonné dans la rue le lendemain. Lui se prend au jeu : retrouver l'inconnue qui s'est fait voler son sac, qui lit Modiano, qui confie ses pensées dans un carnet rouge... De son côté, Laure est tombé dans le coma à la suite de son agression.
Antoine Laurain signe une enquête amoureuse très simple et jolie qui rappelle par certains aspects (le hasard, les indices, le destin) l'univers d'Amélie Poulain. Le livre se lit d'une traite et fait du bien parce que léger, tendre, amusant...
J'aime "La femme au carnet rouge".
J'aime les livres d'Antoine Laurain.
J'ai peur qu'il n'en écrive pas d'autres. Ce serait dommage.

Terre des ours (Guillaume Vincent)

note: 5Le saumon, c'est vachement bon ! Yann - 10 janvier 2015

Aux confins de la Russie, sur les terres volcaniques du Kamchatka, vit l'un des plus gros mammifères terrestres de la planète : l'ours brun. Ce documentaire s'attache à montrer plusieurs facettes de cet animal attachant : une mère et ses oursons, un mâle adulte et une jeune mâle inexpérimenté. Filmés durant une année, de leur réveil à l'hiver suivant, le film montre le cycle de la vie de ces magnifiques animaux dont la survie dépend entièrement d'une autre espèce : le saumon.
Bercé par les sonorités envoûtantes de la harpe de Cécile Corbel, laissez-vous entraîner dans ce fabuleux documentaire animalier raconté par la voix suave de Marion Cotillard. Un film très doux qui invite à la quiétude et au rêve...
Et pour continuer le voyage, retrouvez également dans nos collections la musique du film en CD et le beau livre sur les coulisses du tournage.

Minimum wage (Bob Fingerman)

note: 3Les déboires de la vingtaine Yann - 12 décembre 2014

Rob et Sylv, Sylv et Rob, ces deux-là sont inséparables et fou amoureux l’un de l’autre. Autour d’eux gravitent une multitude de personnages : les potes de Rob’, l’ex copine lesbienne de Sylv, les parents, les colocs… A travers une dizaine de courts récits, Bob Fingerman raconte les déboires de la vingtaine : le premier appart’, les petits boulots, les petits salaires, la galère au quotidien, les conventions de BD (Rob est dessinateur de BD érotiques). Il y aborde aussi des thèmes plus sérieux comme l’avortement, l’engagement et le mariage, mais toujours sur un ton léger et plein d’humour !
Voici un comics indépendant qui sort des sentiers battus et qui, à sa façon, présente une tranche de vie (parfois étrange certes !) mais qui parlera aux jeunes adultes et qui rappellera aux plus âgés des souvenirs…

Wika n° 01
Wika et la fureur d'Obéron (Thomas Day)

note: 5Grande épopée ! Yann - 12 décembre 2014

Si le scénario d'héroïc-fantasy est, somme toute, assez classique, il faut découvrir cet album avant tout pour son univers graphique. Olivier Ledroit, l'auteur de Requiem et des chroniques de la Lune Noire, y développe un monde féerique et steampunk. Les dessins prennent leurs aises sur des doubles pages magnifiques, entrecoupées de détails comme ces rouages d'horlogerie ou ces entrelacs celtiques. Les dessins pleine page ponctuent le récit, les cases se chevauchent et s'entrecroisent contribuant à faire de cette bande dessinée une œuvre à part et unique. Et que dire des tatouages qui ponctuent le corps de Wika et qui changent en fonction de son humeur : en voilà une belle trouvaille... Amateurs de BD ligne claire ou de gaufriers classique, passez votre chemin ! Bienvenue par contre aux fanas de dark fantasy et de grandes épopées où magie rime avec aventure : Wika se place dans la lignée de séries comme Mortepierre, La Quête de l'oiseau du temps ou encore Le grand pouvoir du Chninkel.

Le gros goûter (Stéphane Servant)

note: 5Rien ne sert de courir... Yann - 15 novembre 2014

... il faut savoir écouter. Tel pourrait être la petite maxime de cet album qui fera comprendre à votre enfant que se presser n'est jamais bon. Les animaux qui dépassent Nana la petite tortue aurait mieux fait de suivre ce conseil ! Car à vouloir être trop gourmands, le renard, le lapin, le sanglier et l'ours, qui se rendent à un gros goûter, vont s'en mordre les doigts.
Le texte de cette histoire est très agréable à lire, basée sur les sons et les illustrations en tissu sont ravissantes !

La vie rêvée de Walter Mitty (Ben Stiller)

note: 3Une vraie leçon de vie. Yann - 29 octobre 2014

Walter Mitty est un incorrigible rêveur doublé d'un grand timide. Il travaille pour le magazine Life en tant qu'archiviste photo. Et il est attiré par la belle Cheryl qu'il n'ose inviter à sortir. Alors que le magazine s'apprête à restructurer son personnel, Walter Mitty se retrouve sur le devant de la scène : il doit retrouver absolument le négatif photo qui fera la couverture du dernier numéro papier... Pour cela, Walter Mitty devra faire face à la réalité et partir sur les traces d'un photojournaliste...
Voici un film qui fait du bien ! L'idée première du film, celle de mettre en image, les rêves de Walter comme s'ils étaient vrais, est une belle trouvaille tant pour le scénario qu'à l'écran. Voir cet homme se transcender, par amour comme pour le travail, sortir de son univers fantasmé pour se confronter au monde est la deuxième bonne trouvaille. Rajoutez à cela des images grandioses d'Islande et du Groënland superposées à une bande originale qui poussent à l'évasion, une belle histoire d'amour, beaucoup d'humour et vous obtenez un film qui donne une vraie leçon de vie !

Unanimo (Theo Coster)

note: 3Tous le même mot ! Yann - 22 octobre 2014

Unanimo est un jeu de vocabulaire qui fait travailler les méninges ! Une carte est piochée. L'illustration doit inspirer à chaque joueur huit mots différents. Mais attention, pour marquer des points et remporter la partie, il faudra être sur la même longueur d'ondes que ses partenaires. En effet, seuls les mots communs rapportent des points !
Par certains côté, Unanimo ressemble un peu au jeu du Petit Bac. Sauf que l'idée de base ici est d'être le plus consensuel possible et de ne pas chercher l'originalité. Il est drôle de voir à quel point un thème peut donner lieu à des interprétations différentes ! Voilà un jeu où, mine de rien, on rigole beaucoup !

La Source des femmes (Radu Mihaileanu)

note: 4Une ode à la femme Yann - 17 octobre 2014

"La source des femmes, c'est l'amour". Les paroles de la chanson qui conclue le film résument à elles seules la beauté de ce bijou cinématographique.
Dans un village reculé au pied de l'Atlas, les femmes décident de faire une grève de l'amour (comprenez ici du sexe) tant que les hommes n'apporteront pas l'eau au village. Beaucoup d'entre elles, enceintes, perdent l'enfant qu'elles portent sur le chemin qu'elles empruntent pour ramener l'eau. Bien évidemment, cette grève n'est pas sans conséquence sur la vie du village. Le cheikh et l'imam ne comprennent pas ces revendications : la tradition est bien ancrée dans le comportement des hommes depuis des générations.
Radu Mihaileanu livre une œuvre sublime, une ode aux femmes et à la condition féminine. A l'image du personnage joué par Leïla Bekhti, nombreuses sont ces villageoises qui souffrent en silence, cloitrées derrière les murs de leur village, rêvant d'amour et de liberté. Pourtant, paradoxalement, le film déborde de vie, de rires, de solidarité et de sensualité. Ces femmes sont éprises de leurs conjoints. Elles se battent simplement pour leurs droits. Ce film oppose ainsi tradition et modernité, Islam modéré et Islam radical, comme en écho à l'actualité mondiale.
Enfin comment ne pas évoquer la bande-son extraordinaire et les chants et danses qui ponctuent le récit et qui véhiculent les messages que les femmes adressent à leurs conjoints. Du grand cinéma !

Sin titulo (Cameron Stewart)

note: 4Sans titre Yann - 11 octobre 2014

En voilà un polar étrange et dérangeant ! Ce récit en noir et blanc et à l’atmosphère glaçante narre l’enquête d’Alex Mackay : à la mort de son grand-père, il découvre dans les affaires de celui-ci une photo qui le surprend. Sur celle-ci, on le découvre en compagnie d’une jeune femme blonde. Lorsqu’il tente de connaître l’identité de cette mystérieuse inconnue auprès des employés de la maison de retraite, il ne reçoit aucune réponse. En la croisant dans la rue avec Wesley, un des employés qui maltraite des personnes âgées, il comprend qu’on lui a menti. Mais pourquoi ? En décidant de suivre Wesley, il va mettre le pied dans un engrenage terrifiant…
Cameron Stewart a tissé un récit glauque à la frontière de l’onirique, de l’horreur et du paranormal. Une sorte d’OVNI hallucinatoire qui glace le sang. A la lecture de cette histoire, on sent les influences de nombreux auteurs ou réalisateurs : il y a du Kafka, du Murakami, du Cronenberg et du David Lynch dans cet album. L’auteur a su capter le meilleur de ces références pour écrire et dessiner cette histoire surréaliste où les traumatismes de l’enfance bousculent les secrets de famille et les fêlures de l’adulte. Un tour de force sans conteste !

Un café maison (Keigo Higashino)

note: 4L'art du crime parfait Yann - 26 septembre 2014

Lorsque son mari lui annonce qu'il se sépare d'elle parce qu'elle ne peut lui faire un enfant, Ayané Mashiba l'empoisonne. Seulement au moment,où la victime est retrouvée morte par sa maîtresse, sa femme est à l'autre bout du Japon... Comment pourrait-elle être coupable ?
Ce roman policier subtil et passionnant propose au lecteur de dévoiler toutes les ficelles d'un crime en apparence parfait ! Ici pas de meurtre violent, pas de crime obscène... La police enquête simplement sur les mobiles du crime et la possibilité scientifique et technique d'avoir tué un homme grâce à l'arsenic contenu dans un café que s'est préparé la victime. L'écriture de Keigo Higashino y est posée et calme à l'image de ses enquêteurs et personnages. Ce roman plaira sans nul doute aux amateurs de séries de police scientifique mais aussi aux lecteurs des livres d'Agatha Christie ou des aventures de Sherlock Holmes, ceux qui aiment à comprendre les trucs et astuces qui se cachent derrière des énigmes criminelles. Passionnant du début à la fin !

Prisoners (Denis Villeneuve)

note: 5Un très très très grand film (et je pèse mes mots) ! Yann - 28 août 2014

Après le superbe "Incendies", Denis Villeneuve revient avec un nouveau film complétement différent mais tout aussi beau et prenant que le premier. Prisoners aborde un sujet sensible : celui d'un enlèvement d'enfant et de la réaction d'un père et d'une famille à ce drame. Hugh Jackman y interprète ce père qui ne peut rester les bras croisés face à la tragédie qui le frappe. Ses plus vils démons, brutaux et animaux, le conduisent à la frontière de la légalité pour retrouver son enfant. En parallèle, Jack Gyllenhaal campe un policier méticuleux et posé (en apparence) qui enquête scrupuleusement. Les deux acteurs réussissent deux interprétations magistrales au sommet de leur art. L'ambiance insoutenable, le suspens omniprésent, l'atmosphère étouffante à la photographie incroyable achèvent de faire de cette histoire de moralité et de vengeance une oeuvre cinématographique incontournable !

Animal Kingdom (David Michod)

note: 4Une famille de criminels. Yann - 22 août 2014

Joshua perd sa mère et atterrit chez sa grand-mère qu'il ne connaît pas. Et pour cause ! Sa mère l'avait tenu éloigner de sa famille : chez les Cody, tout un chacun est criminel : braquage, corruption, trafic de drogues, meurtres. Les oncles de J. ne sont pas des tendres et la mamie tient d'une main de fer dans un gant de velours tout ce clan. Et les flics de surveiller tout ce petit monde. Difficile pour un lycéen de faire sa vie et sa place dans ce milieu. Et malheureusement, Josh se laisse entraîner dans le business...
Animal Kingdom mêle habilement et étroitement affaire de moeurs, suspens et histoire de vengeance. Les premières minutes du film sont plutôt lentes et laissent croire à un énième film de genre. Mais la tension monte tout au long du récit et Josh devient le maillon principal d'une enquête policière qui le met en porte-a-faux avec ses oncles accusés du meurtre de deux flics. Le procès repose uniquement sur le témoignage de cet ado, un peu mutique et attentiste (joué avec brio par James Frecheville) qui va faire basculer le scénario. Mais quel camp choisira-t-il : la famille ou la police ? Est-il vraiment obligé de choisir ? C'est ce que vous découvrirez dans la toute dernière minute de ce film passionnant.

Les Saveurs du palais (Christian Vincent)

note: 4Sa-vou-reux ! Yann - 9 août 2014

Avant son arrivée dans l’archipel des Crozet, Hortense Laborie vivait tranquillement dans le Périgord quand elle est mandée à l’Elysée. Le chef de l’Etat souhaite qu’elle devienne la cuisinière de ses repas privés. Ce qui la place aussitôt en porte-a-faux avec la cuisine centrale et son chef étoilé...
La merveilleuse Catherine Frot campe une femme de caractère, authentique et attachante qui ne s’en laisse pas compter par les hommes à une époque où la cuisine était encore une affaire d’homme. Il faut dire que l’actrice s’inspire de la véritable Hortense Laborie, dans la vraie vie Danièle Mazet-Delpeuch, qui a été la cuisinière personnelle de François Mitterand durant 2 ans. Les aller-retours entre le passé et la vie radicale en Antarctique que mène Hortense apportent une véritable dynamique au film et permettent de brosser le portrait de cette femme qui a été marqué (au positif comme au négatif) par ces deux années au contact de la Présidence française. Autre point fort du film : les relations de travail que la cuisinière entretient avec d’un côté son commis (joué par Arthur Dupont) et de l’autre avec François Mitterand (campé avec brio par Jean d’Ormesson) sont décrites avec finesse et subtilité. Enfin, comment ne pas évoquer la cuisine simple mais travaillée de la chef Laborie, omniprésente à l’écran et qui termine de donner à ce film tout son croquant !

Journal secret du Petit Poucet (Philippe Lechermeier)

note: 5L'histoire derrière le conte... Yann - 5 août 2014

Le conte du Petit Poucet, tout le monde le connaît ! Mais l'histoire qui se cache réellement derrière le conte, qui mieux que Poucet lui-même pour la raconter ? Pourquoi sa belle-mère veut-elle réellement les abandonner ? Qui est véritablement cet ogre ? Le Petit Poucet va-t-il à l'école ?
Philippe Lechermeier imagine dans ce roman que Poucet a tenu un journal intime dans lequel il raconte son histoire. On y découvre un tas d'anecdotes qui viennent étoffer le conte. La trame narrative du Petit Poucet est conservée mais enrichie des aventures du héros, de ses frères et de leurs amis. L'univers visuel de Rebecca Dautremer achève de souligner le caractère fantasque, inquiétant et merveilleux de ce conte pour enfants.
"Journal secret du Petit Poucet" est un roman illustré pour les grands lecteurs à côté duquel il ne faut surtout pas passer !

Tatsumi (Eric Khoo)

note: 4Vie d'artiste Yann - 28 juillet 2014

Un homme de 75 ans fait le point sur sa vie professionnelle : il est l'un des mangakas les plus connus du Japon. Yoshihiro Tatsumi raconte dans un livre, ici adapté en film d'animation, son parcours d'illustrateur, ses sources d'inspiration (Osamu Tezuka notamment), ses grandes réussites. Il est notamment le fondateur d'un genre de bande dessinée très connu au Japon : le gekiga. Il s'agit d'un type d'histoires réalistes, parfois sombres et dramatiques, mais destinées aux adultes. En parallèle de sa vie, cinq de ces histoires les plus célèbres s'intercalent dans ce film, illustrant le genre gekiga.
"Tatsumi" montre comment une œuvre est indissociable de la vie intime d'un artiste : parce qu'il était malheureux, ce dessinateur inventa des histoires qui reflétait son état d'esprit et qui donnèrent au manga contemporain ses lettres de noblesse et quelques uns des plus beaux récits de son histoire. Ce film étonnant ravira les fans de manga et de bande dessinée mais parlera également aux curieux qui se sont toujours demandés comment l'on pouvait exercer le métier d'illustrateur.

The Constant gardener (Fernando Meirelles)

note: 4La constance du jardinier Yann - 20 juillet 2014

Adaptation du roman éponyme de John Le Carré, The constant gardener est un film qui mêle habilement polar et histoire d'amour sur fond d'intrigue politique et affaire douteuse. En effet, le film comme le roman dénoncent à travers l'enquête de Tessa Quayle puis de son mari, Justin, les tests de médicaments pratiqués à grande échelle par de grands laboratoires pharmaceutiques mondiaux sur la population africaine avec la complicité des gouvernements européens (en l’occurrence britannique ici). On ne peut s'empêcher de penser qu'une part de vérité s'est vraisemblablement glissée dans ce polar.
Ce brûlot passionnant est bouleversant, porté par les prestations de Rachel Weisz et de Ralph Fiennes (couple magnifique, libre et amoureux) et magnifié par les paysages africains et les portraits des enfants africains. Des images d'une rare intensité que maîtrisent à la perfection le réalisateur de la Cité de Dieu, Fernando Meirelles.

Mon petit coeur imbécile (Xavier-Laurent Petit)

note: 5Toudoum, toudoum... Yann - 11 juillet 2014

La jeune Sisanda est malade du cœur. Elle devrait être opérée à l'étranger mais cela coute trop cher. Maswala, sa mère, tombe sur un article de journal : un marathon à Kamjuni lui permettrait de soigner sa fille si elle arrive première... Or Maswala court depuis sa plus jeune enfance. L'espoir naît enfin...
Xavier-Laurent Petit s'est inspiré d'une histoire vraie pour écrire ce court roman jeunesse. Les personnages y sont tendres et attachants, drôles aussi. Il y décrit une Afrique vivante, brillante, entre coutumes et modernité : la vie dans un petit village, l'école, l'épicerie, les voisins. Tout y est amusant et tout sonne vrai ! Évidemment, l'histoire de Sisanda est terriblement touchante et pleine d'espoir ! Écrite à la première personne, c'est la petite fille elle-même qui nous raconte sa maladie, sa relation avec son "petit cœur imbécile" qui tressaute dans tous les sens et qu'elle n'appellera "son petit cœur adoré" que lorsqu'elle sera guérie.
La version audio est portée par la lecture vive et efficace de la comédienne Alice Butaud et le rythme entêtant des percussions africaines ! Cette histoire racontée au pas de course vous laissera certainement à bout de souffle, heureux, bouleversé et tremblant de joie !

Vegas mytho (Christophe Lambert)

note: 3Grecs contre Egyptiens ! Yann - 4 juillet 2014

New York, 1957. Thomas Hanlon fait la connaissance de Sofia Stamatis, une beauté grecque dont le père ouvre un nouveau casino à Vegas, l'Olympic Winner. La famille de Sofia est... surprenante et Vassilis Stamatis, le patriarche est un être fascinant. En face du casino grec, le Mastaba, un établissement de jeux qui appartient à une famille égyptienne... Hanalon comprend bien vite que les deux familles sont en guerre. Il est cependant loin de se douter que celle-ci se poursuit depuis des millénaires.
Ce roman, qui voit s'opposer dieux grecs et égyptiens, tire son originalité de son mélange de genres et d'époques. C. Lambert sait rendre l'atmosphère du Las Vegas des fifties. Le cadre est idéal pour créer un polar fantastique où les dieux sont des mafieux qui règnent en maîtres sur le monde, dans l'ombre, sans que personne n'en sache rien. Ce roman de science-fiction se lit comme un polar et une fois commencé, on ne peut plus le lâcher !

Le clan des suricates (Chris Barker)

note: 3Amour, gloire et suricate ! Yann - 28 juin 2014

Vous ne connaissez pas encore le clan des Moustaches et son manoir dans le désert du Kalahari ? Rattrapez-vous en découvrant ce magnifique documentaire animalier qui narre la conquête de Fleur pour prendre la tête de son clan après la mort de sa mère, la femelle dominante.
Car les suricates vivent en société matriarcale... et forment de véritables familles où les grands frères et soeurs jouent les baby-sitters pour protéger le trésor commun : les petits ! Dans ce documentaire scénarisé, vous découvrirez des drames, des passions, des trahisons, des amours, des guerres, de la tendresse, du danger et des batailles, tout cela conté par la voix chaude et suave de Whoopi Goldberg ! Les paysages désertiques sont à couper le souffle magnifiés par la bande-son aux accents africains.

Capitaine Albator (Leiji Matsumoto)

note: 3Maître Matsumoto Yann - 25 juin 2014

En japonais, "Sensei" signifie « celui qui était là avant moi, qui est garant du savoir et de l'expérience d'une technique ou d'un savoir-faire », en résumé un maître ou un professeur. C'est également le nom de cette très belle collection chez Kana qui accueille désormais l'anthologie d'un maître mangaka et une des oeuvres les plus célèbres du manga en France : Capitaine Albator de Leiji Matsumoto !
Albator, c'est 1082 pages de pur bonheur graphique : un dessin dépouillé, un trait sobre, un noir et blanc maîtrisé, des pleines pages d'immensite intersidéral au service d'une histoire simple. Les humains de la planète Terre ne voit pas venir un danger imminent : l'invasion de la planète Terre par les sylphides, des femmes plantes qui se confondent à la population et au paysage. A bord de l'Atlantis, Tadashi, Kei, Mimé et Albator traquent ces ennemies au quatre coins de la galaxie, donnant vie à des scènes de combat restées dans les mémoires (surtout télévisuelles). Pourtant - le lecteur le découvrira à la lecture - Albator est une oeuvre inachevée qui laisse un goût de trop peu.
Matsumoto n'est pas l'homme d'une seule histoire, loin de là ! Albator n'est même pas son chef d'oeuvre : au Japon, Galaxy express 999 est une série culte à côté de Capitaine Albator. En France, cependant, c'est la série animée inspiré par le manga qui a porté aux nues Albator. La découverte de cette anthologie est à déguster comme une madeleine de Proust.

Le monde selon François (Vincent Zabus)

note: 4ou le pouvoir de l'Imagination Yann - 25 juin 2014

L'intégrale du "Monde selon François" regroupe les trois premiers volumes de cette série née dans les pages de Spirou Magazine. Pour l'instant, il n'y a pas de quatrième volume prévu et c'est bien dommage tant cette bande dessinée propose des récits drôles et intelligents pour les enfants !
François est un petit garçon à l'imagination plus que fertile : dès qu'il invente une histoire, elle prend vie dans les pages de la BD. Chaque récit est donc basée sur le même principe : une interaction entre le réel et l'imaginaire qui s'entrecoisent sans arrêt. Dans la première aventure de François, c'est le pouvoir de l'écriture et des lettres qui est au coeur de l'intrigue. La deuxième histoire confronte François au divorce de ses parents et au thème de l'amour. Dans, le dernier récit, François essaie d'attirer l'attention de son père qui n'a pas le temps de s'occuper de lui... Trois situations qui parleront aux enfants !
En bonus, l'éditeur a eu la bonne idée de proposer des story-board, des recherches de personnages, des illustrations inédites et même les premières planches du volume 4... resté sans suite malheureusement !

Loup, que fais-tu ? (Yveline Méhat)

note: 4Loup, y es-tu ? Yann - 7 juin 2014

Voici un album qui va faire mourir de rire votre petit ! D'image en image, le Chaperon Rouge qui se balade dérange constamment le loup qui se cache... pour une raison que nous tairons ici. Sachez seulement que la chute de cette histoire est très amusante ! En plus de proposer une histoire rigolote, l'illustratrice s'est amusée à cacher le loup un peu partout dans l'album. Vous pourrez donc vous amuser à le chercher avec votre enfant ! Après le génialissime "Ze vais te manzer", Laure du Faÿ signe un nouvel album qui fait mouche !

Oeuvre non trouvée

note: 5Mythe inventé Yann - 30 mai 2014

Le roi d'Hyperborée est immortel. En mille ans, il a eu le temps de vivre et de voir disparaître son Royaume les gens qu'il a aimé. Sa vie n'a que trop duré et il décide de quitter sa contrée pour aller questionner les Dieux sur le Mont Olympe et en apprendre plus sur cette immortalité qu'il considère comme un malédiction. Pourquoi lui ? Comment s'en défaire ?
A la manière d'un mythe comme celui d'Hercule ou l'Odyssée d'Ulysse, Mathieu Bablet invente un personnage qui traverse l'Europe et rencontre lors de son voyage de nombreuses créatures de la mythologie grecque : les Muses, les Cyclopes, les Dieux et même les Moires. Traversant de nombreuses épreuves avant d'atteindre sa destination, ce Roi tente de se remémorer par bribes ce que fut sa vie. Mais il peine à s'en souvenir. Cette BD, avant tout contemplative, est un vrai repos. Au fil des pages et des cases, Mathieu Bablet dépeint des univers et des paysages imaginaires d'une beauté et d'une quiétude incroyable. Qu'ils s'agissent de grandes étendues sauvages ou de villes à l'architecture onirique, il excelle dans son dessin et dans ses couleurs. Ces sublimes dessins sont au service d'une histoire fantastique, simple et touchante : celle d'un homme qui perd ses souvenirs et donc son identité. Gageons que ce mythe aurait pu trouver sa place dans le foisonnement de la mythologie gréco-romaine.

Les Oiseaux des jardins

note: 3Fin observateur Yann - 30 mai 2014

Si comme moi, vous avez dans votre jardin, une multitude d'espèces d'oiseaux différentes et que vous ne savez pas les reconnaître, ce guide est fait pour vous ! Depuis que j'ai installé une mangeoire près de ma fenêtre, les oiseaux défilent pour manger. Les observer et les écouter est proprement passionnant ! Mais pour en parler en famille ou avec les enfants, il faut pouvoir les nommer. Ce petit guide de poche est l'outil indispensable : il recense 50 oiseaux les plus courants dans les jardins. Moineaux, hirondelles, corneilles, mésanges et rouge-gorge sont les plus connus mais sauriez-vous reconnaître un pic-vert, un verdier, un chardonneret, une grive musicienne ou un pinson des arbres ? Pourtant, j'en suis certain, vous les avez déjà aperçu au fond de votre jardin ! N'hésitez plus, empruntez-le, vous y découvrirez en plus une foule de petites anecdotes... Pour ma part, j'ai déjà reconnu pas moins d'une quinzaine d'oiseaux depuis ma fenêtre de salon ! Et vous, combien en observerez-vous ?

Oeuvre non trouvée

note: 5Roméo et Juliette intergalactique Yann - 2 mai 2014

Couronne et Continent : deux planètes antagonistes dont les peuples se font la guerre depuis des années lumière. Le conflit oppose les Ailés aux Luniens. Pourtant, lorsque le récit commence, c'est un bébé qui prend la parole et raconte cette histoire. Hazel est née de l'union de Marko, lunien et d'Alana, une jeune ailée. Entre eux, c'est l'amour fou. Ce qui est loin de plaire à leurs compatriotes qui lancent à leur trousse mercenaires, chasseurs de têtes et princes robots...
Avec Saga, Brian K. Vaughan et Fiona Staples livrent un titre étrange et épique entre space opéra et heroïc-fantasy. Etrange parce qu'il narre une histoire d'amour intergalactique à la Roméo et Juliette. Epique parce que cette BD est truffé d'actions, de magie, de créatures étranges tel que des chats mensonges ou des mercenaires arachnides... L'imagination des auteurs n'a aucune limite, la lecture de cette saga familiale est un régal parce qu'elle mélange agréablement les déboires de jeunes parents au milieu d'un univers dangereux et inquiétant !

A copier 100 fois (Antoine Dole)

note: 5A lire et à méditer ! Yann - 22 avril 2014

Plus qu'un court roman sur l'homosexualité, A copier 100 fois est avant tout un texte sur l'homophobie. Le narrateur, un jeune collégien, est sujet à toutes les moqueries et violences de la part d'une bande de garçons qui le harcèlent. Il ne peut pas compter sur le soutien de son père, qui ferme les yeux sur les coups donnés à son enfant et qui ne veut pas d'un fils "pédé". Et pourtant, c'est de ce père absent dont le fils a viscéralement besoin. Il le crie à travers tout ce roman, il en a besoin pour lutter et se construire...
Antoine Dole offre au lecteur un texte extrêmement poignant, dur, âpre, finement ciselé, intense, qui fait réfléchir sur un mal de notre époque : la différence et l'homophobie. A lire et à méditer !

Bête et mêchant (Oldelaf)

note: 4Loufoque ! Yann - 16 avril 2014

Avec "Bête et méchant", Oldelaf signe un conte musicale loufoque et sans dessus dessous, une histoire drôle et décapante, sans queue ni tête comme l'aime les enfants. Il y raconte l'histoire (un peu subversive) de Michel qui prend son pied à faire du mal aux animaux. Un matin, il se réveille et le monde est transformé : les humains ont tous diparu et les animaux parlent. Il fait alors une série de rencontres toutes plus étranges les unes que les autres : en vrac une coccinelle qui a perdu ses tâches, des sangsues qui font des bisous, un boeuf qui veut se faire plus mince qu'une grenouille, Jean-Pierre le ver de terre, une huître suicidaire et j'en passe... Une histoire un peu foldingo à mi-chemin entre "Alice au pays des Merveilles" et "Un chant de Noël" de Dickens.
Côté musique, on goûte à tout : rock, valse, classique... L'instrumentalisation est soignée, les voix des comédiens rigolotes et le tout est portée par l'enthousiasme et l'humour d'Oldelaf.
Mon petit coup de coeur de l'album : le titre "Les chats karatékas" !

Zéro pour l'éternité n° 1 (Naoki Hyakuta)

note: 5Banzaï ! Yann - 12 avril 2014

Suite au décès de leur grand-Mère, Kentarô et sa soeur Keiko découvrent que leur grand-père maternel n'est pas leur aïeul de sang. Leur vrai grand-père est mort en kamikaze durant la seconde Guerre Mondiale. Commence alors pour Kentarô une enquête identitaire emmaillée de témoignages qui brossent le portrait d'un pilote émérite et courageux mais à la voix dissonante. Kyûzû Miyabe était un soldat valeureux mais dont les prises de position choquaient : contrairement à ses camarades prêts à mourir pour leur patrie, aux discours marqués par l'impérialisme et le patriotisme ambiants, Miyabe cherchait à sauver sa vie pour retrouver sa femme et sa fille. Un discours sur la guerre très contemporain mais très dérangeant pour le Japon de l'époque... Comment un soldat prêt à sauver sa vie à tout prix a-t-il pu finir kamikaze ? La vérite se dessine peu à peu... jusqu'à un rebondissement incroyable !
Zéro pour l'éternité (le titre fait référence aux fameux avions de combat japonais de la marine Impériale japonaise) démystifie également le rôle des kamikazes tout en offrant au lecteur de larges informations sur les grandes batailles de la guerre du Pacifique : Pearl Harbour, Midway... Un manga historique intelligent, documenté et tout bonnement émouvant !

Entrée du personnel (Manuela Frésil)

note: 2Un film sans concession Yann - 6 avril 2014

A l'heure de la fermeture de grands abattoirs industriels en Bretagne et de l'affaire du poulailler Doux, le film "Entrée du personnel" lève le voile sur les conditions difficiles dans lesquelles travaillent les ouvriers qui, paradoxalement, sont viscéralement attaché à leur emploi. Le film, sans concession, montre la dureté de la tâche de ces travailleurs, la mécanisation de la chaîne de production, la déshumanisation du travail à travers des gestes répétitifs que les employés sont capables de chorégraphier en-dehors de leur usine. Ce documentaire, qui ne prend parti ni positivement, ni négativement, livre une vérité nue à travers des récits de vie touchants.

Alice's adventures in Wonderland (Christopher Wheeldon)

note: 5Somptueux et fantasmagorique ! Yann - 6 avril 2014

S'il est un classique de la littérature anglophone qui a été adapté des milliers de fois au cinéma, en bande dessinée, en dessin animé et j'en passe, c'est bien Alice au pays des Merveilles.
Le Royal Ballet of London propose ici une version chorégraphiée de l'oeuvre de Lewis Carroll, un ballet somptueux et fantasmagorique portée par la performance exceptionnelle de Lauren Cuthbertson dans le rôle d'Alice. Les décors sont magnifiques, les costumes exceptionnels et les personnages merveilleusement retranscrits. Exit la version édulcorée de Disney, c'est à un retour à l’œuvre originale que nous propose ce ballet. Les scènes les plus connues sont décrites méticuleusement mais laissent également une large place au rêve, à la fantaisie et à l'humour. On ne s'ennuie pas un seul instant devant ce spectacle de danse qui se laisse apprécier en famille !

Oeuvre non trouvée

note: 5Beau malheur ! Yann - 15 mars 2014

Avec son nouvel album "Le chemin", Emmanuel Moire se trace une nouvelle route vers le succès. Car avec ce disque, l'artiste revient de loin, après une traversée du désert tant personnelle que musicale, propulsé par une célèbre émission télévisée. On pourrait croire ce CD commercial, il n'en est rien ! Emmanuel Moire préparait ses chansons dans son coin depuis quelque temps. Compositeur, il livre des morceaux éclairés, tantôt doux comme le sublime "Venir voir", tantôt énergiques comme "ici ailleurs", parfois écorchés comme le titre "La blessure". Ces textes sont signés par Yann Guillon, le parolier qui l'accompagne depuis le début de sa carrière et qui livre de petits bijoux comme la chanson "Quatre vies". Un beau travail de collaboration qui retranscrit à merveille l'état de cet artiste à fleur de peau : un homme qui se cherche et qui visiblement s'est trouvé, heureux de son nouveau succès et de sa vie actuelle.

Idées noires (André Franquin)

note: 5Humour TRES noir ! Yann - 15 mars 2014

D'André Franquin, on connaît surtout ses personnages et séries mythiques que sont Spirou et Fantasio, le marsupilami ou encore Gaston Lagaffe. Génie de la bande dessinée, révolutionnaire, cet auteur a pourtant connu des moments de dépression à la fin de sa vie qui ont laissé une de ses plus belles oeuvres : "Idées noires".
Cet album se compose de séries de gags à l'humour machiavélique. Franquin y passe à la moulinette tous les travers de notre société, ceux qui pesaient sur l'esprit du créateur : chasse, nucléaire,quête du pouvoir et du profit, égoïsme de l'être humain, écologie... tout y passe ! On y découvre un Franquin passablement déprimé par le genre humain et qui rêve d'une société respectueuse de l'environnement et un peu plus à l'écoute de la Nature. Et on peut dire que les humains en prennent pour leur grade à toutes les pages : ça fusille, ça se noie, ça se fait dévorer par les loups, ça passe à la guillotine !
Le dessin est très sombre, en noir et blanc. On dirait presque du théâtre d'ombres ! Mais un théâtre sanglant qui nous fait mourir... de rire !

Comme un poisson dans l'eau (Thierry Dedieu)

note: 5Drôle de Pépin ! Yann - 14 mars 2014

Magnus Philodolphe Pépin (retenez votre souffle pour prononcer son nom) est un drôle de zigoto ! Il adore la nature et veut l'observer sous toutes ses coutures, ce qui lui vaut souvent quelques accidents de parcours ! Accompagné de son fidèle grillon, notre scientifique en herbe fourmille d'idées pour copier les ingénieux animaux qui peuvent nager... avec plus ou moins de réussite !
Thierry Dedieu livre un album au graphisme superbe qui mélange astucieusement de nombreuses techniques d'illustrations. Au fil des pages, on découvre ainsi des croquis, des vieilles planches d'anatomie, des photos, des radiographies médicales, des enluminures, des objets, des outils, des fruits à coque... Un savant mic-mac qui donne tout son sel à cet album jeunesse. On ne peut que vous conseiller la lecture de cette histoire qui saura séduire votre enfant et qui en plus lui apprendra quelques notions de sciences nat' !

La leçon de pêche (Heinrich Böll)

note: 5Bonheur VS Réussite ! Yann - 11 mars 2014

Disons-le d'emblée, voici un livre essentiel ! Pourquoi ? Parce qu'en quelques pages seulement, il dénonce beaucoup de travers de nos petites vies : l'ambition, la réussite, le pouvoir... au détriment des choses simples : le bonheur, la contemplation, la paresse et le bonheur. Et en plus, le message passe avec humour : un pêcheur est dérangé par un touriste durant sa sieste. Celui-ci lui glisse à l'oreille quelques idées qui lui permettront de devenir un magnat de la pêche industrielle. Mais la conclusion tombe, inéluctable ! Emile Bravo signe encore une bande dessinée intelligente dans la lignée de son travail sur la série "Une aventure épatante de Jules". Rendons également hommage au scénariste Heinrich Böll pour cette histoire subtile.

Alexandre Astier - Que ma joie demeure (Alexandre Astier)

note: 4Leçon de musique drôle et décalée ! Yann - 20 février 2014

D'Alexandre Astier, on connaît surtout le comédien, interprète bougon du roi Arthur dans la série "Kaamelott". Ce qu'on sait moins de lui, c'est qu'il est un formidable touche-à-tout, talentueux dans de nombreux domaines : scénariste de bandes dessinées, auteur, réalisateur, humoriste... Toutes ces qualités, il les a mises au service de ce spectacle "Que ma joie demeure...". Il faut ajouter une corde à son arc (ou plutôt à son clavecin !) : Alexandre Astier est un musicien hors pair. Ce spectacle d'humour est donc une sorte de conférence musicale drôle et décalée dans laquelle il interprète le célèbre compositeur Bach prodiguant des leçons de musique à de pauvres ignares (son public). Il y joue à merveille un homme de génie, obnubilé par son art, torturé par sa vie de famille. Il excelle dans l'art des mimiques, des grimaces et du bougonnement : en cela on retrouve la patte d'Astier : "un savant décalage entre des personnages historiques et leur langage" dixit Télérama. N'ayez pas peur du côté pompeux de la couverture du DVD, il n'y a dans ce spectacle sur Jean-Sébastien Bach que de bons moments de rigolade et de culture !

Le Magasin des suicides (Patrice Leconte)

note: 3Vous avez raté votre vie ? Réussissez votre mort ! Yann - 14 février 2014

La famille Tuvache tient depuis des générations une petite entreprise qui ne connaît pas la crise : un magasin de suicides. Comprenez par là qu'elle vend poisons, cordes et autres objets qui vous feront passer en un instant de vie à trépas. Mort ou remboursé ! Et pour leurs clients, pas besoin de carte de fidélité ! La famille Tuvache, c'est un peu la famille Addams version commerçante ! Jusqu'à l'arrivée du petit nouveau de la famille : Alan. Ce gamin est joyeux, heureux de vivre ce qui ne s'est jamais vu dans la famille ! Mais surtout il ne supporte plus le fond de commerce de sa famille...
Il faut une grande rasade d'humour au second degré et de cynisme pour apprécier ce film. On y parle d'un sujet tabou : le suicide. Heureusement la mise en forme du film : une comédie musicale très drôle aide à faire passer la pilule. Quant à l'animation, elle est belle, fluide et soignée. Voici donc un dessin animé pour adultes amusant et qui fait réfléchir à propos d'un sujet de société souvent éludé... Ce film est adapté du roman éponyme de Jean Teulé. A noter que cette histoire inspire les créateurs car une bande dessinée adaptée du roman est paru au même moment !

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