Je cherche...

 

 

 

 

 

 

 

Nouveautés Livres Adultes

 

 

 

 

 

 

Nouveautés Livres Jeunesse

 

 

 

 

 

 

 

Nouveautés DVD

 

 

 

 

Nouveautés CD

Partager "Nouveautés" sur facebookPartager "Nouveautés" sur twitterLien permanent

Duel au soleil (Manuel Marsol)

note: 3Tension extrême Yann - 19 octobre 2019

La tension est extrême sous le soleil du Far West. Un Indien et un cow-boy se font face, le duel est lancé. Cadrage rapproché sur les yeux, cadrage serré sur [...]

Les grands espaces (Catherine Meurisse)

note: 4Enfance, paradis perdu ? Yann - 14 octobre 2019

Les grands espaces de Catherine Meurisse sont ceux de l'enfance. Une enfance passée à la campagne auprès de sa sœur et de ses parents qui rénovent un vieux corps de [...]

Zizis et zézettes (Camille Laurans)

note: 5Comment aborder la sexualité avec ses enfants ? Hélène - 11 octobre 2019

Lors de l'émission "Pornographie : jeunesse en danger", sur France TV, il était expliqué que l'une des façons de protéger les enfants est de leur parler de sexualité et d'amour [...]

AccueilCritiques rédigées par Erwann

S'abonner au flux RSS dans une nouvelle fenêtre
Critiques rédigées par Erwann

 

El boxeador (Rubén Del Rincon)

note: 4Knock out Erwann - 11 octobre 2019

Ce roman graphique marque d’abord par sa belle présentation : jeu des couleurs tout en opposition, format à l'italienne, découpage original... Le livre se présente en deux parties distinctes qui ne se rejoignent que sur la page centrale. Il met en scène, selon le côté où l'ouvre, l’un des deux boxeurs sous le crayon d'un des dessinateurs: Rubén del Rincón pour Rafa et Manolo Carot pour Hector. Un trait bon enfant et en rondeurs pour le premier, l'autre plus marqué et nerveux et toujours ce jeu d’opposition entre le rouge et le noir qui crée une ambiance vraiment fascinante. Une BD à la présentation originale sans que cela ne soit gadget car elle renforce l’antagonisme entre les boxeurs, mais surtout un bel ouvrage mettant en scène des personnages forts et soigneusement écrits. Un bel uppercut !

Les riches au tribunal (Monique Pinçon-Charlot)

note: 4Bien mal acquis ne profite jamais ? Erwann - 11 octobre 2019

En suivant le procès Cahuzac, Monique et Michel Pinçon-Charlot s’associent au dessinateur Étienne Lécroart pour démonter les mécanismes de l’évasion fiscale, et montrer comment, chez les classes dirigeantes, la fraude se gère "en famille"... Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’évasion fiscale, fléau de nos démocraties modernes, le tout vulgarisé par le couple Pinçon-Charlot, sociologues spécialistes des classes supérieures de la société. Si vous cherchez un livre qui apaise, passez votre chemin. Si vous cherchez par contre à comprendre comment cet acte antidémocratique peut être perpétré, cette BD met en lumière aussi simplement que cela est possible les rouages d’une pratique bien trop courante chez les élites dirigeantes de notre beau pays. Un livre d’utilité publique.

Lost (Camélia Jordana)

note: 5Pas perdu pour tout le monde Erwann - 16 août 2019

Sortie du ventre tiédasse d'un quelconque télé-crochet, je n'aurais à l'époque pas parié un kopeck sur le talent de Camélia Jordana, et ce malgré un grain de voix déjà séduisant qui renvoyait ses concurrents-es dans les cordes. C'était une erreur, force est de le constater aujourd'hui, tant elle a depuis su éviter les pièges du formatage et faire épanouir une vraie originalité. C'est encore plus vrai pour ce troisième album, qu'elle a en grande partie écrit et composé : n'hésitant pas à tourner le dos aux formats de la pop traditionnelle, elle explore, expérimente autour de sa voix (toujours aussi incroyable et vectrice d'émotions) et des instrumentations. Un véritable tour de force, mélange de sons, de langues et d'esthétiques musicales, qui garde malgré tout sa cohérence de bout en bout. Un grand album, qui, l'on espère, n'est que le premier d'une longue série !

Annihilation (Alex Garland)

note: 4SF mutante Erwann - 9 août 2019

Après nous avoir gratifié d'un très bon premier film (Ex-Machina, belle réflexion sur l'intelligence artificielle), le réalisateur Alex Garland revient avec Annihilation, adaptation produite par Netfix d'un roman de SF (la trilogie du Rempart Sud écrite par Jeff VanderMeer et publié par les éditions Au Diable Vauvert).
Dès les premières minutes, l'ambiance est tendue et mystérieuse. Et peu à peu, l’air de rien, l’angoisse monte. Non pas comme un film d’horreur, plutôt comme un malaise grandissant, une atmosphère poisseuse et saisissante générée en partie par le visuel de créatures mutantes toujours sur le fil entre le sublime et l'horreur pure. Alex Garland crée un univers à part entière, hostile aux humains d’un point de vue extérieur, mais également et surtout, de l’intérieur. Autant une expédition qu’un parcours psychique semé d’embûches pour l'équipe (exclusivement féminine, c'est assez rare pour le noter) qui parcourt ces terres chimériques. Entre un Avatar en putréfaction et un The Thing des temps modernes, Annihilation est un film de science-fiction d’une intelligence rare, qui, sans rechercher l’action à tout prix ni le grandiose en terme d’effets spéciaux, nous en met plein les mirettes !

Who do you love (Arabrot)

note: 4Who do you love Erwann - 4 juillet 2019

Si, au départ, le groupe norvégien Årabrot pratiquait un noise-rock abrasif, ce neuvième album prend la tournure d’un rock sombre à la Nick Cave, auquel aurait été greffée une rythmique implacable à la Swans ou Killing Joke. Cette mue, plus accessible et accrocheuse, ne fait pas pour autant disparaître l’originalité dont a toujours su faire preuve le groupe. Derrière son côté efficace, Who Do You Love s’autorise en effet ce qui lui chante : hymnes directs qui débutent le disque, troublant duo de chansons interprété par Karin Park (compagne du leader Kjetil Nernes et star de la pop en Norvège), ou reprise de Sinnerman, chant gospel popularisé par Nina Simone et qui en devient instantanément l’une des meilleurs versions existantes. Un grand disque de rock qui transpire la classe et l’émotion pure !

Mets le feu et tire-toi (James McBride)

note: 4Say it loud : I'm black and I'm proud ! Erwann - 31 mai 2019

Enquêtant sur James Brown, l'auteur Jim McBride suit la piste du chanteur en Caroline du Sud, là où tout a commencé pour l'homme qui deviendra plus tard le fier symbole de toute une communauté. C'est d'ailleurs un grand reportage qui relève plus de l'essai sur l'importance de James Brown pour les Afro-Américains, et sur ce plan-là, le récit est plus que passionnant. Mac Bride dresse le tableau de Mr Brown dans toute sa complexité, et n'élude aucun de ses défauts : mégalo, opportuniste, calculateur, toujours obsédé par le business et faire de l'argent, tout n'est pas rose, loin de là, et beaucoup de personnes qui l'ont côtoyé en gardent une grande amertume. Mais plus que l'histoire de ce Noir né dans une petite ville misérable de Caroline du sud et qui va révolutionner la musique, c'est l'histoire des Noirs américains qui est ici contée, dans le contexte d'une Amérique toujours aussi fascinante, et tout autant méprisable... Un bel essai au style très fluide, qui contentera les novices comme les fans du Godfather of Soul.

J'ai même rencontré des Tziganes heureux (Aleksandar Petrovic)

note: 4Djelem, djelem Erwann - 25 mai 2019

"J’ai même rencontré des Tziganes heureux" est considéré comme l'œuvre la plus aboutie d'Aleksandar Petrovic, réalisateur le plus important du cinéma yougoslave des années 60 et 70. Ce film, qui a raflé en 1967 un Prix spécial du Jury au festival de Cannes, est malgré tout resté invisible pendant 50 ans, jusqu'à sa restauration et réédition récente en DVD.
Premier long-métrage de l’histoire du cinéma à axer son récit sur la culture tzigane, le film se présente comme un foisonnement de couleurs et de musique, autour d’un scénario qui distille ce mélange de frustration, de fierté et d’espoir inhérent à tout le peuple tzigane. Peuple qui se reconnaîtra d’ailleurs complètement dans l'œuvre au moment de sa sortie, allant jusqu'à s'approprier l’une des chansons du film, Djelem Djelem, et d’en faire leur hymne communautaire. A l’image des Tziganes, le métrage de Petrovic refuse les sentiers balisés, n’hésitant pas à mélanger de nombreux éléments dramatiques et un fort ancrage social à des passages burlesques, insolites ou poétiques. Ce qui n'est pas sans nous rappeler certains films de Fellini ou, plus proche encore, "Le Temps des gitans" d'Emir Kusturica, qui s'est sans doute fortement inspiré du métrage de Petrovic tant pour son sujet que pour son mélange de réalisme et de fantaisie. Plus qu’une curiosité, « J’ai même rencontré des Tziganes heureux » est un grand film à découvrir absolument. Mieux vaut tard que jamais !

I feel good (Benoît Delépine)

note: 4La beauté des laids Erwann - 18 mai 2019

Si l'on a pu reprocher au cinéma de Kervern/Delépine son côté quelque peu foutraque, ce sixième film est peut-être l'un de leurs plus formellement aboutis. Les plans sont très travaillés et l’image très belle. Heureusement, on ne perd pas en folie ce que l'on gagne en esthétique : le duo grolandais aime toujours autant les situations tordues et les acteurs atypiques (encore un vrai défilé de « gueules » !). L'esprit "Groland" est donc bien là, cet esprit potache et plus proche des "sans-dents" que des cols blancs de la finance. Cette fable socio-économique est un véritable hymne au recyclage, et à la communauté Emmaus en particulier. "Rien ne se perd, tout se transforme", les objets comme les consciences, tel pourrait être l'adage de ce long-métrage qui détonne. Le duo Dujardin/Moreau fonctionne parfaitement, la star française confirmant ici son attirance pour les projets ambitieux et en marge. On ne s'en plaindra pas !

Moi, ce que j'aime, c'est les monstres n° 1 (Emil Ferris)

note: 5Monstres et cie Erwann - 12 avril 2019

Moi, ce que j’aime ce sont les BD monstrueusement atypiques, originales et ambitieuses. C’est dire si je me suis délecté de ce roman graphique de plus de 400 pages, où la grande beauté des illustrations au stylo-bille sert une dense et puissante narration. Un vrai livre-monde, qui sait nous faire entrer dans la tête d’une petite fille observatrice des sombres méandres de l’âme humaine, mais aussi aborder avec subtilité de grands sujets comme l’acceptation de soi, le sort des minorités, l’Histoire, l’art ou la famille. L’originalité et la densité du livre d’Emil Ferris, dont une suite devrait paraître cette année, ne plairont peut-être pas à tout le monde, mais moi, c’est ce que j’aime ! (au vu de tous les prix récoltés, j'ai l'impression de ne pas être le seul !)

The end (Zep)

note: 5Zep : dans la cour des grands Erwann - 8 février 2019

"The end" est un formidable thriller écologique scénarisé et dessiné par Zep, le papa de Titeuf. Il y démontre un fois de plus sa maîtrise dans le domaine de la BD adulte, après les déjà très bons "Une histoire d'hommes" en 2013 et "Un bruit étrange et beau" en 2016. Une histoire palpitante servie par un trait magnifique, merci Zep !

Le cycle de Syffe n° 01
L'enfant de poussière (Patrick K. Dewdney)

note: 5L'enfance de Syffe Erwann - 22 janvier 2019

"L'enfant de poussière" est le superbe premier tome d'une série de fantasy médiévale, qui pourrait constituer une belle porte d'entrée dans le genre pour qui voudrait s'y essayer (très peu de magie ou de créatures fantastiques dans ce roman). Récit initiatique sur un arrière-plan de tumulte historique, "L'enfant de poussière" met en scène un monde en transition, écartelé entre un âge d'or révolu et un présent incertain. Contrairement à George R.R. Martin et son Trône de Fer, l’auteur Patrick Dewdney écarte très vite de son récit les intrigues politiques de palais pour s'intéresser au petit peuple, à ceux qui ne sont rien, prolétaires sans cesse ballottés par les décisions des puissants. Le personnage principal, Syffe, est de ceux-là : orphelin sang-mêlé en butte aux discriminations ordinaires et à l'injustice de son époque troublée, les cinq années décrites dans ce tome vont constituer pour lui un rude apprentissage de la survie, sans qu’il n’ait pour l’instant aucune prise réelle sur son destin.
Il suffit d’un seul paragraphe pour être ferré par le regard perspicace et sans concessions de l'auteur, regard doublé d’une plume riche et fluide qui ne fait que renforcer l’addiction. Vite vite, la suite !

Extases n° 1 (Jean-Louis Tripp)

note: 4Tripp mis à nu Erwann - 8 janvier 2019

Jean-Louis, enfant timide, va découvrir une passion pour les plaisirs solitaires et une fascination pour les filles… Jean-Louis Tripp, coauteur de Magasin général, revient avec un album très personnel qui sonde sans tabous sa libido et son rapport au sexe depuis l’enfance. Sur ce thème, rien n’est éludé : plaisirs solitaires, jeux coquins, homosexualité, échangisme, prostitution… sans que l’œuvre ne vire au catalogue pornographique. Au contraire, on est ici face à un album profondément intimiste et courageusement sincère, l’auteur mettant à nu ses doutes et ses peurs, l’égoïsme ou la jalousie, les hésitations et la morale bien-pensante. Extases est une joyeuse introspection sexuelle, un témoignage sans mauvaise pudeur qui questionne parfois crûment mais toujours intelligemment la sexualité masculine. Une grande première en bande dessinée ?

Filmo graphique (Edward Ross)

note: 4Ciné-BD Erwann - 21 décembre 2018

Une excellente BD documentaire sur le cinéma, qui décrypte parfaitement les mécanismes à l’œuvre dans le 7ème art. De multiples thématiques explorées avec justesse, des exemples de films et de réalisateurs toujours bien choisis, un dessin simple mais efficace, c'est la BD à mettre aussi bien entre les mains des novices que des cinéphiles plus confirmés.

Bluebells wood (Guillaume Sorel)

note: 4Un si beau cauchemar... Erwann - 4 décembre 2018

Depuis la disparition de sa femme, William s’est retiré dans une maison au pied d’une falaise où il s’adonne pleinement à son art, la peinture. Lors d’une sortie en mer, il est attaqué par deux sirènes et ne doit son salut qu’à une troisième, qui va tomber amoureuse de lui… Guillaume Sorel donne sa version du mythe de la sirène, très éloignée de celle d’Andersen ! Ici, les créatures marines sont des bêtes sanguinaires, maléfiques et violentes, empreintes de folie meurtrière. On ne sait si elles sont réelles ou si elles n’existent que dans l’esprit endeuillé de William. Sorel réussit à rendre vraisemblable le fantastique grâce à son dessin fabuleux (chaque case est un tableau qu’on aimerait accrocher chez soi), réaliste mais toujours nimbé d’irréel, tant pour les corps représentés que pour les paysages. Une nouvelle réussite pour Guillaume Sorel, auteur à part à l'univers à la fois sombre, fantastique et très onirique.

Betty Boob (Véronique Cazot)

note: 4Girl power Erwann - 2 août 2018

Un vrai tour de force que ce one-shot ! Sans aucun texte, Véronique Cazot et Julie Rocheleau montrent avec force et justesse la manière dont leur héroïne parvient à accepter son corps après avoir perdu un sein, alors que la société lui laissait entendre qu’elle était devenue un monstre. Une histoire poignante et très inspirante dont le trait coloré et burlesque achève de nous bouleverser et de nous réjouir ! Une BD revigorante qui a justement remporté le prix FNAC BD 2018

Blade runner 2049 (Denis Villeneuve)

note: 5Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques? Erwann - 6 juillet 2018

Soyons clair : le Blade Runner de Ridley Scott n'avait aucunement besoin d'une suite. Dans un contexte où les producteurs d'Hollywood sont persuadés qu'il faut reprendre d'anciens films cultes pour en tirer le maximum d'argent, cela produit généralement des catastrophes plutôt que des chefs d'oeuvre (remember, Alien, Indiana Jones, Star wars, etc...). Bien heureusement, ce Blade Runner 2049 atterrit dans les mains d'un véritable cinéaste en la personne du génial Denis Villeneuve, qui nous avait déjà régalé avec les films Premier contact, Sicario, Prisoners ou encore Incendies. Il sauve littéralement le projet et arrive à produire une oeuvre intelligente, maligne et esthétiquement bluffante. Un film contemplatif, atmosphérique, dont certaines scènes resteront gravées dans notre mémoire pour longtemps. Grand, très grand film !

Les griffes et les crocs (Jo Walton)

note: 3Un Jane Austen à la sauce dragon Erwann - 6 juillet 2018

Dans un monde ressemblant fort à l’Angleterre victorienne, les dragons composent une société régie par des règles rigides et brutales. Chacun à sa place et pas question de sortir de son rang ! Mais le cœur a ses raisons que la raison ignore et nous voilà embarqués dans des chassés-croisés amoureux jubilatoires parsemés d’embûches et de coups de théâtre...
Hommage aux romans victoriens, résolument féministe et plein d’humour, Les Griffes et les Crocs est un livre très agréable et facile à lire, alternant avec habileté l'humour et l'émotion. A ne pas manquer si vous cherchez des dragons qui sortent de l’ordinaire. Ça se dévore tout seul !

Whatever it takes (James Hunter Six (The))

note: 4The James Hunter Six, soul vintage Erwann - 15 mai 2018

Difficile de résister plus deux minutes à la musique Soul funk Rhythm and blues vintage de The James Hunter Six. C’est le deuxième album du chanteur britannique pour l’indispensable label Daptone, qui rappelons-le, a vu deux de ses artistes les plus importants disparaître en 2016 et en 2017 (Sharon Jones et Charles Bradley). Whatever It Takes se révèle extrêmement varié, avec des titres qui rappellent par leur entrain et par la chaleur qu’ils dégagent autant les musiques funk endiablées de James Brown que les balades langoureuses des regrettés Sam Cooke et Ray Charles. Un album à déguster en toutes circonstances, un régal !

Le Caire confidentiel (Tarik Saleh)

note: 4Egypte noire Erwann - 21 avril 2018

Une ville grouillante et corrompue jusqu'à la moelle à quelques jours d'une révolution, un inspecteur taciturne et obstiné entouré d'autres flics aussi pourris que tordus, une femme fatale, des faux-semblants et des êtres en perdition: voilà qui devrait parler à tout bon fan de polar ! Et effectivement "Le Caire confidentiel" est un excellent film noir, poisseux, qui suit pas à pas la rédemption progressive d’un flic aussi corrompu que ses pairs, mais qui se retrouvera malgré lui piégé de toutes parts... Le film policier étant un genre ou l’innovation est assez difficile à mettre en place, les grands polars se démarquent souvent par leur atmosphère. C'est le cas ici, le film de Tarik Saleh disposant d’une ambiance à part, qu’il distille avec brio au fil d’un scénario qui suit l’histoire récente de la nation égyptienne. Un polar tendu et engagé, qui n’a rien à envier à ses homologues américains, bien au contraire...

La fissure (Guillermo Abril)

note: 5L'inquiétant portrait d'une Europe lézardée Erwann - 17 avril 2018

Décembre 2013. La rédactrice d’El país Semanal contacte le journaliste Guillermo Abril : « Je veux que tu voyages aux frontières de l’Europe. Choisis 3 ou 4 destinations, les endroits les plus chauds sur la ligne de démarcation européenne ». Un mois plus tard, l’espagnol embarque le photographe Carlos Spottorno pour sillonner pendant deux ans les limites de l’Europe, de l’Afrique à l’Arctique, et rencontrer des réfugiés, des policiers. Il en résulte un album choc, très lisible malgré le nombre de problématiques abordées, où les instants de vie sont saisis sur le vif, grâce à des photos aux couleurs saturées. Sans verser dans le sensationnalisme, Spottorno et Abril évoquent l’ampleur du désastre qui frappe à nos portes,mais aussi la montée des nationalismes qui l'accompagne à travers l’Europe. Un album essentiel pour comprendre une situation inextricable qui devrait réveiller nos consciences plutôt que nos bassesses, au risque de laisser les fissures qui lacèrent déjà l'Union européenne et son rêve primordial de paix et de liberté se répandre et la faire sombrer corps et âme dans la Méditerannée...

Ooz (King Krule)

note: 5Le magicien d'Ooz Erwann - 6 mars 2018

Une voix sans âge, tonnante et déchirée, sortant d’un corps d’adolescent maigre et pâlichon : voilà résumé le choc physique de ma première rencontre avec Archy Marshall, jeune Londonien d’à peine 19 ans, qui en 2013 sortait son premier album sous l’alias King Krule. Un ovni total, autant vocal que musical, qui confirme avec son deuxième long-format que sa bizarrerie est on ne peut plus addictive. Son mélange à nul autre pareil de trip-hop, de jazz, d’ambient et de punk marie avec un naturel désarmant chaud et froid, rage et désespérance. Une musique magique, aventureuse, sortant des poncifs rebattus et usinée avec une telle sincérité qu’on ne peut que fondre !

Starve (Brian Wood)

note: 4La faim justifie les moyens Erwann - 23 février 2018

Légende des fourneaux et des petits écrans, Gavin Cruikshank s'est depuis quelques années échappé du cirque médiatique. Caractériel, toxicomane et totalement parano, l'homme vit au fin fond de l'Asie lorsque les producteurs de l'émission phare qu'il a créée viennent le déloger. L'occasion pour Cruikshank d'aller solder quelques vieux comptes en ville...
Critique saignante de la surmédiatisation de la gastronomie et des grands raouts télévisuels, où la vérité de l'assiette pèse si peu face à l'audimat, Starve entonne un refrain bien connu des gastronomes. Mais l'album de Brian Wood (Northlanders, Local DMZ,...) va plus loin : il souligne également la dérive d'un art devenu marqueur social, une façon de s'épater entre riches amis, quel qu'en soit le prix pour les ressources et l'environnement... Danijel Zezelj , dessinateur croate, fait ici merveille aux illustrations, régnant en maître sur les noirs et les encrages. Comics ultra-efficace doublé d'une critique sociale d'une rare virulence, Starve devrait ravir les papilles des gastronomes du 9ème art!

Butterfly kiss (Michael Winterbottom)

note: 5L'amour à mort Erwann - 30 janvier 2018

On ne remerciera jamais assez certains éditeurs DVD (ici Outplay) pour leur travail de réédition de films méconnus et/ou passés inaperçus lors de leur sortie en salles. Ce Butterfly kiss, premier long-métrage cinéma de Michael Winterbottom (24 hour party people, Tournage dans un jardin anglais...), le méritait largement . Tourné en 1995, ce road-movie sauvage et désespéré suit les pas d'Eunice, femme marginale et dangereuse , qui cherche dans le meurtre une rédemption qu'elle ne trouvera jamais. Sa route va croiser celle de Miriam, une caissière réservée et solitaire, qui va tout quitter pour la suivre dans sa course effrénée vers toujours plus de chaos et de violence... Un film assez radical dans son esthétique et ses ruptures de ton, tout en tension et porté par un duo d'actrices extraordinaires : Amanda Plummer (Pulp Fiction, The Fisher King,...) et Saskia Reeves (Wolf Hall, Luther,...). Il aurait été vraiment dommage que cette oeuvre puissante et habitée reste dans l'ombre plus longtemps!

Soundbreaking (Maro Chermayeff)

note: 4Une histoire de la musique enregistrée Erwann - 12 janvier 2018

La série documentaire en six épisodes initiée par George Martin, mythique producteur des Beatles, brosse à grands traits un siècle d'évolution de l'enregistrement du son et de son impact sur la musique telle qu'on l'entend aujourd'hui. Mine de témoignages et d'archives passionnants, avec des fulgurances mais aussi quelques raccourcis (il faut dire que le sujet est vaste), Soundbreaking est une passionnante odyssée qui suit pas à pas l'appropriation par les artistes des innovations technologiques tout au long du 20ème siècle.

Chiisakobé : le serment de Shigeji n° 1
Chiisakobé. 01 (Minetarō Mochizuki)

note: 5Chiisakobé ou l'art délicat d'exprimer ses sentiments Erwann - 11 janvier 2018

Minetaro Mochizuki (auteur de la série culte Dragon Head) transpose à l’époque moderne un classique de la littérature japonaise qui prenait originellement place à l’époque d’Edo (1600-1868). A travers un magnifique trait aéré et un rythme assez contemplatif, le mangaka construit un récit tragi-comique des plus prenant, où l’action compte moins que ce qui se passe dans la caboche des différents protagonistes. Leurs émotions et leurs difficultés à les exprimer sont magistralement captées sur papier, et l’on ressent très vite de l’empathie pour ces personnages en reconstruction. Un beau récit dans le Japon d’aujourd’hui, poétique, profond, accessible et à l’humour assez singulier. Un must, justement récompensé en 2016 par le Prix Asie de la Critique ACBD .

On l'appelle Jeeg Robot (Gabriele Mainetti)

note: 4Si t'es pas cape... Erwann - 7 décembre 2017

Depuis quelques années, Hollywood s’est emparé de la figure du super héros pour en faire un produit formaté, souvent bien lisse et sans surprises. Mais il existe encore de vrais réalisateurs passionnés, qui comme Dominique Mainetti n'ont pas besoin de centaines de millions de dollars pour déclarer leur amour au cinéma de genre. Pour 1.7 millions d'euros (le budget cantine du prochain Avengers...), le réalisateur italien nous livre une oeuvre qui fait l'effet d'un grand bol d'air frais! Mélange réussi de drame social et de film de justicier, "On l’appelle Jeeg Robot" est une histoire fantastique, drôle et décalée, bref du cinéma populaire efficace et divertissant. Les Marvel Studios ne peuvent pas toujours en dire autant... Alors, cape ou pas cape ?

La fille du 14 juillet (Antonin Peretjatko)

note: 4Bienvenue chez les fous ! Erwann - 14 octobre 2017

"La fille du 14 juillet" est un film en mouvement perpétuel, complètement foutraque, mélangeant dans sa fuite en avant comique burlesque, poésie visuelle, jeux de mots, blagues audacieuses à peu près sans limite, tout ceci entre garçons et filles qui se courent après, font de l’équilibrisme sur bouteilles vides, vidangent quantité de bouteilles pleines, se font servir de la soupe de cheval dans des assiettes trouées, le tout dans une France qui avance sa rentrée d’un mois pour cause de crise… Tout est bon pour le réalisateur et sa bande d’acteurs (tous excellents, mention spéciale à la belle Vimala Pons et à Michel Trinquecoste alias l’inénarrable docteur Placenta) tant qu’il y a de l’énergie, de la loufoquerie et une bonne couche de surréalisme… Mais le meilleur dans tout ce bazar c’est que malgré cette profusion, le film se tient et arrive à trouver un équilibre dans cet imaginaire pourtant débordant, sans que le spectateur ressente une quelconque lassitude ou une sensation de trop plein.Un premier long-métrage (suivi en 2016 par « La loi de la jungle », tout aussi recommandable) qui fait souffler un vent de liberté et de fraîcheur sur le cinéma comique français qui en avait vraiment besoin !

Manifest destiny n° 01
La faune et la flore (Chris Dingess)

note: 4Coup de coeur comics Erwann - 19 septembre 2017

Début XIXème siècle. Les capitaine Lewis et Clark sont mandatés par le président Jefferson pour explorer les vastes terres sauvages des Etats Unis et recenser les tribus et autres espèces inconnues. Ils vont rapidement se trouver face à d’étranges et dangereuses créatures... Une brillante épopée qui mêle avec maîtrise Histoire et éléments fantastiques. L'auteur reprend ici les principaux événements liés à l’expédition de Lewis et Clark en leur insufflant un tempo d'enfer, une bonne dose d'action et quelques étranges bestioles. Et çà marche à 100% : on passe tout le volume collé aux basques des deux aventuriers et de leur équipe et on a grand plaisir à découvrir en même temps qu'eux un nouveau monde hostile et merveilleux. Une histoire très dynamique, emplie de péripéties, de créatures lovecraftiennes et magnifiée par un dessin et des couleurs de toute beauté. Coup de cœur !

Al-'an ! (Oiseaux-Tempête)

note: 4Merveilleusement inclassable Erwann - 7 septembre 2017

La musique d'Oiseaux-Tempête est mouvement, mélange, souffle, cri, murmure et bien plus encore... La musique d'Oiseaux-Tempête est rock, jazz, blues, traditionnelle, électronique, lardée de bruits du quotidien. La musique d'Oiseaux-Tempête souffle le chaud et le froid, le calme et la colère, l'urgence et le recueillement. La musique d'Oiseaux-Tempête est surtout au-delà de toute idée préconçue, entre Orient et Occident, originale sans pour autant être hermétique. Il faut savoir lâcher prise à l'écoute d'un tel album, se débarrasser de ses œillères, de ses barrières. Une condition sine qua non pour entrer de plain-pied dans une oeuvre comme on en entend peu !

A monster calls (Juan Antonio Bayona)

note: 3Préparez les mouchoirs ! Erwann - 6 septembre 2017

Adapté par Patrick Ness de son propre roman, "Quelques minutes après minuit" est réalisé par J.A. Bayona, qui avait déjà brillamment évoqué les peurs de l'enfance dans son film "L'orphelinat". Bayona couple ici son inspiration fantastique à une trame mélodramatique, dans un mélange d'intimisme et de spectaculaire à la Spielberg . Entre poésie et noirceur, le réalisateur respecte les codes du conte et arrive à trouver le bon équilibre, sans tomber dans la niaiserie ni le thriller psychanalytique. Un belle réussite que ce film hybride, visuellement sublime, qui distille son émotion par petites touches pour mieux nous terrasser dans un final aussi spectaculaire que bouleversant. Une vraie curiosité !

A Perfect Day : un jour comme un autre (Fernando Leon de aranoa)

note: 4Absurdland Erwann - 23 juin 2017

Pendant la guerre des Balkans, des membres d'une ONG se battent pour dégager le corps d'un homme jeté dans un puits, car celui-ci menace de contaminer la dernière source d'eau potable des environs. Mais les obstacles vont s'avérer nombreux... Le réalisateur espagnol Fernando León de Aranoa, épaulé par un casting international (Tim Robbins, Benicio del Toro, Mélanie Thierry), ose la comédie sur un sujet grave, et expose clairement son point de vue sur les professionnels de l'humanitaire, les profiteurs de guerre et surtout l'incapacité des instances internationales à agir. Une comédie noire efficace, à l'humour mordant, moitié désenchantée, moitié optimiste. Original et décapant

Les ogres-dieux
Demi-sang (Hubert)

note: 5A dévorer Erwann - 17 mai 2017

Enfant bâtard d’un Noble-Né, la caste qui domine le royaume, Yori Draken est empli d’un désir de revanche et d’une ambition démesurée. Il aspire à devenir le prochain chambellan au service des Ogres-Dieux et va pour cela se vendre corps et âme…
« Petit », premier livre se déroulant dans l’univers sans pitié des Ogres-Dieux, était déjà une merveille. « Demi-sang », histoire parallèle et non pas suite directe (on peut donc le lire indépendamment), reprend ce même graphisme à l’encre, fabuleusement expressif et riche en détails architecturaux à la Gustave Doré, qui d’emblée nous plonge dans l’ambiance noire de ce conte gothique et cruel. Chaque chapitre est, comme « Petit », séparé par une brève histoire écrite des aïeux (ici des anciens chambellans) qui, en plus d’apporter un côté nostalgique au récit, ajoute de la profondeur à l’univers inventé de toutes pièces par Hubert et Gatignol. Par leur ampleur et la maîtrise du récit et du dessin, «Petit » et « Demi-sang » appartiennent à ce genre d’ouvrages dont on sait, arrivé à la dernière page, que l’on ne les oubliera pas de sitôt. Une réussite indéniable, qu’on aimerait voir prolongée par un troisième ouvrage…

We got it from here... thank you 4 your service (Tribe Called Quest (A))

note: 4Last but not least Erwann - 3 mai 2017

Légendaire groupe de hip-hop gorgé de jazz , garant d'un rap politiquement et socialement conscient, A Tribe Called Quest (ATCQ) revient après 18 ans d'absence et la mort de Phife Dawg, l’un de ses membres fondateurs. C’est un album d’adieu, qui clôt une discographie qualitativement très riche, et sans en faire baisser d'un iota le niveau. Ceci grâce à des instrumentaux indémodables et groovissimes, toujours trempés dans l’âme de la musique afro-américaine, et habités par les flows de Q-Tip et Phife Dawg, qui déroulent leurs textes garantis sans ego trip, entre verve militante et poésie populaire. Un pur plaisir, loin d’être gâché par les featurings de Busta Rhymes, Kendrick Lamar, Consequence, Elton John ( !) et Jack White (re !). Un album très réussi et un bel au revoir pour l'un des groupes essentiels du mouvement hiphop.

Ma vie de courgette (Claude Barras)

note: 5Fondu de Courgette Erwann - 3 mai 2017

Il s’appelle Courgette, il est seul au monde après avoir perdu sa maman. Il ne sait pas quoi ressentir, la culpabilité le rattrape. Un policier le conduit au foyer pour enfants, où une nouvelle vie va commencer pour lui, emplie de rencontres et d’histoires aussi dures que tendres… Attention petits et grands, préparez-vous à faire une place dans votre cœur pour Courgette et ses amis ! Ce film d’animation est un véritable bijou de poésie, fin, subtil, drôle, fabriqué avec amour par de grands artistes (avec entres autres Céline Sciamma au scénario, Sophie Hunger pour la musique…). Et le résultat est là : on ne peut que fondre pour Courgette et ses amis, personnages visuellement caricaturaux (on pense un peu aux marionnettes de Tim Burton) mais auxquels on s'attache très rapidement grâce à une animation très fluide et à des dialogues plus vrais que nature (bravo aux enfants qui prêtent leurs voix aux personnages !). Les thèmes abordés sont souvent difficiles (abandon des parents, alcoolisme, prison,…) mais traités avec un tel tact, une telle justesse, que le pathos est tenu à l’écart. Un grand film, bouleversant, plein d’espoir, de couleurs, de rires et de larmes . Un délicat chef-d'oeuvre à ne manquer sous aucun prétexte.

Runaljod - Ragnarok (Wardruna)

note: 4La voix du Nord Erwann - 5 avril 2017

Wardruna est un groupe norvégien mené par Einar Selvik, musicien passé en quelques années du black metal le plus enragé à une sorte de folk païen singulier et moderne. Ragnarok, dernier album d’une trilogie centrée sur l’alphabet runique, fait une nouvelle fois revivre des instruments (la plupart fabriqués par Selvik lui-même), des langages, des techniques de chant et des mythes nordiques séculaires. Mais Selvik ne fait pas qu'explorer la mémoire scandinave : sa musique singulière et moderne, fondée sur des percussions pénétrantes et des chants viscéraux parle à ce qu'il y a de plus primitif en chacun de nous et tend en cela vers une sorte de langage universel. Une musique profonde, spirituelle et sans âge, à découvrir absolument pour qui aime avoir les oreilles surprises.

My woman (Angel Olsen)

note: 4Songwriteuse à fleur de peau Erwann - 15 février 2017

On avait découvert Angel Olsen en 2014 avec Burn Your Fire For No Witness, deuxième album de l’américaine, et le charme avait été immédiat. Comment en effet résister à ce mélange parfait de fragilité folk et de morceaux clairement plus rock ? D’autant que la voix de la demoiselle est de celles que l’on n’oublie pas de sitôt : chaleureuse, débordant d’une sincérité non feinte, elle nous scotchait littéralement du premier sillon jusqu’à la dernière seconde du disque.
On retrouve sur My Woman cette douceur folk mélancolique et ces moments rock bien plus affirmés, peut-être encore mieux dosés qu'avant. Et autant dire que l'on retombe instantanément amoureux... Le son évolue tout de même un peu avec l’apparition de claviers, notamment sur « Intern » où elle convoque avec succès l’esprit des années 80. Un album qui oscille entre le doux et l’amer, « heureux et paisible, mais toujours nostalgique et triste », comme Mlle Olsen le dit si bien elle-même. On ne sait donc pas s’il faut en rire ou en pleurer, mais écouter en boucle le dernier disque de cette grande artiste, çà, c’est presque obligatoire…

Cosmic unity (Family Atlantica)

note: 5Family Atlantica: l'exubérance tropicale Erwann - 1 février 2017

Prenez une pincée de jazz éthiopien, une louche d’afro-funk, une cuillerée de calypso, des percussions de tous horizons, de la musique brésilienne… et j’en passe ! Mélangez dans une marmite tropicale bouillonnante et liez le tout avec la voix chaleureuse et puissante de la chanteuse Luzmira Zerpa. Pour finir, enrobez d’une fine couche de mysticisme et saupoudrez d'un zeste de psychédélisme. Vous obtiendrez alors le deuxième album de la Family Atlantica, collectif londonien cosmopolite à l’instrumentation bigarrée, à consommer sans aucune sorte de modération. De quoi vous réchauffer de quelques degrés au son de cette véritable et extatique orgie sonore !

Les Ardennes (Robin Pront)

note: 4Frères ennemis Erwann - 14 janvier 2017

Aussi poisseux et shakespearien que pouvait l'être Bullhead, de Michaël R. Roskam, autre formidable thriller belge, ce long métrage déroule son implacable duel fratricide jusqu'au climax, dans une inquiétante forêt de pins des Ardennes où un improbable travesti en manteau de fourrure et une paire d'autruches en cavale injectent une dose de surréalisme à la Coen Brothers. Un premier film impressionnant de maîtrise formelle et narrative, qui nous fait dire une fois de plus que le cinéma belge a décidément beaucoup à nous offrir !

Belgica (Felix Van Groeningen)

note: 4Open bar Erwann - 2 décembre 2016

Deux frères que tout oppose ouvrent le Belgica, un bar-concert à Gand. En quelques semaines, les frangins vont construire un lieu à l'ambiance unique, qui draine tous les plus gros fêtards des alentours. Mais l'utopie d'un lieu ouvert à tous prend vite du plomb dans l'aile face aux incidents qui se multiplient devant et derrière le bar. Jo et Frank finissent par perdre pied dans un univers qu'ils ne maîtrisent pas... Après les succès de La merditude des choses (2010) et Alabama Monroe (2014), Felix Van Groeningen nous livre une nouvelle œuvre maîtrisée mais surtout plus personnelle. Ce long métrage au rythme frénétique, est en effet inspiré d'une histoire vraie : celle du "Charlatan", un véritable établissement de Gand dont le père du réalisateur a été le propriétaire pendant plus de dix ans. Felix Van Groeningen en tire une comédie dramatique exaltante, pleine d'énergie, à la mise en scène sublime et incarnée par des acteurs parfaits. Gezondheid !

Le garçon et la bête (Mamoru Hosoda)

note: 5La relève de Miyazaki Erwann - 8 octobre 2016

C'est l'histoire d'un garçon solitaire et d'une Bête seule, qui vivent chacun dans deux mondes séparés. Un jour, le garçon se perd dans le monde des Bêtes où il devient le disciple de la Bête Kumatetsu. Cette rencontre fortuite est le début d'une aventure qui dépasse l'imaginaire... Depuis qu'Hayao Miyazaki a déclaré arrêter le cinéma, l'animation japonaise cherche son nouveau maître. Il se pourrait bien qu'elle l'ait trouvé en la personne de Mamoru Hosoda. En effet, son septième film (après les déjà excellents "La traversée du temps", "Summer wars" ou "Ame et Yuki, les enfants loups") est une preuve supplémentaire de son brio, tant il est maîtrisé. Une animation magnifique au service d'une histoire emplie d'action, de fulgurances poétiques et surtout de personnages que l'on oubliera pas de si tôt... Un must!!!

Nonagon infinity (King Gizzard & the Lizard Wizard)

note: 4Rock frénétique Erwann - 24 septembre 2016

"Avec un rythme de croisière de deux albums par an, les Australiens de King Gizzard & The Lizard Wizard sont bien installés dans les discothèques des amateurs de guitares débridées. Alors qu’en 2015, le septet rapidement rangé sous l’étiquette garage s’est autorisé une incartade psychédélique tendance hippie avec Paper Mâché Dream Balloon, le voici aujourd’hui de retour avec la première moitié de sa fournée 2016. Comme pour faire taire les interrogations, Nonagon Infinity annonce la nouvelle tournure du projet de but en blanc, avec une solide entrée en matière à base de grosses guitares et de basses puissantes. La période de contemplation de papillons et de réalisation de pulls en chanvre est donc terminée pour KG&TLW. Aujourd’hui le groupe retrouve ses pédales de fuzz et son énergie caractéristique, mais les sorties de 2015 ont laissé des traces. Le résultat de ce mélange de genres amène aujourd’hui le groupe vers des contrées inconnues, parfois proches de Black Sabbath ou du garage punk tout en gardant un air plus rêveur qu’hébété. Avec Nonagon Infinity, King Gizzard & The Lizard Wizard signe un de ses meilleurs albums. Comme quoi, il reste possible de se renouveler avec des guitares. "(Thibault Strzelczyk, extrait du n°92 de Tsugi)

Bad boy Bubby (Rolf De Heer)

note: 5Attention: OFNI ! Erwann - 3 août 2016

Séquestré depuis sa naissance par sa mère, Bubby, 35 ans, ignore tout du monde extérieur, qu'il croit empoisonné. Lorsqu'il parvient enfin à se défaire de cette malsaine emprise maternelle, il découvre un monde à la fois étrange, terrible et merveilleux : il y a des gens, de la pizza, de la musique et des arbres... C’est le formidable acteur Nicholas Hope qui incarne le personnage enfantin et inquiétant de Bubby, héros primitif et naïf, dans lequel on reconnaît la figure de l’idiot, du candide, mais aussi celle du serial-killer complètement frappé. Brutal et touchant, crasseux et somptueux, mystique et profane, ce film dérangeant est devenu culte tant par la radicalité de son propos que par ses partis pris techniques hors normes (32 chefs-opérateurs mis à contribution!). Un véritable Objet Filmique Non Identifié, une expérience de cinéma unique, à découvrir absolument!

Ce qu'il faut de terre à l'homme (Martin Veyron)

note: 42mx1.5mx1.5m Erwann - 25 mai 2016

Conte moral sur la cupidité et la notion de propriété, cette adaptation d'une nouvelle de Tolstoï bénéficie du trait dynamique et des dialogues percutants de Martin Veyron. Il créé ici une belle galerie de personnages truculents et jette un regard féroce sur le parcours d'un homme que l'appât du gain va courir à sa perte. Bien dans l'air du temps, Veyron se moque de cette société individualiste, tournée vers toujours plus de profit et qui dépasse allègrement la frontière entre le besoin et le toujours plus. A la fois drôle et pathétique... Et si vous vous demandez d'où vient l'étrange titre de cet article, la réponse se trouve à la fin de ce bel ouvrage...

Les aventuriers de l'art moderne (Amélie Harrault)

note: 5Picasso, Apollinaire, Breton et les autres... Erwann - 14 mai 2016

Des années 1900 aux prémices de la ­Seconde Guerre mondiale, Paris se métamorphose en capitale des arts. Fauvisme, révolution cubiste, surréalisme... Les avant-gardes s'ébauchent sous les verrières de Montmartre, dans les cafés enfumés de la Butte, aux terrasses de Montparnasse... Adaptée d'une oeuvre de Dan Franck sur ces décennies d'ébullition, "Les aventuriers de l'art moderne" mêle séquences d'animation, images d'archives, peintures, extraits de films avec maestria pour nous faire ressentir les tumultes intérieurs des artistes et les révolutions en marche. Un travail exceptionnel, autant esthétique et poétique que didactique. A voir absolument!

La isla minima (Alberto Rodriguez)

note: 4Viva Espana! Erwann - 12 avril 2016

Andalousie, delta du Guadalquivir. Dans l'Espagne post-franquiste des années 80, deux policiers doivent, malgré leurs différences, faire équipe pour enquêter sur l'assassinat sauvage de deux adolescentes... A l'image des marais du delta, où la fange sommeille sous l'eau trouble, les frontières entre bien et mal deviennent vite floues dans ce thriller très réussi, qui peut rappeler par moments la série True Detective (avis aux fans!). Un décor prenant et inédit au cinéma, un récit haletant, des acteurs aux petits oignons (Javier Guttiérez est impressionnant, sans parler des seconds rôles, tous très bons), une mise en scène au cordeau, formellement impressionnante mais sans esbrouffe : tout concourt à faire de "Isla minima" un film qui marque pour longtemps! Un grand polar

Vernon Subutex (Virginie Despentes)

note: 4Dure France Erwann - 30 mars 2016

Portrait au vitriol d'une France qui s'enfonce dans la précarité et la haine, "Vernon Subutex" est un roman nerveux, punk, une comédie humaine fourmillante et remarquablement bien écrite. Virginie Despentes nous livre là son chef-d'oeuvre, sans aucun doute possible!

A most violent year (J.C. Chandor)

note: 5L'incorruptible Erwann - 3 février 2016

Avec "Margin call", magnifique premier film de J.C. Chandor sur la crise des subprimes, on sentait que l'on assistait à la naissance d'un grand cinéaste. Il persiste et signe avec "A most violent year", l'histoire d'un entrepreneur ambitieux qui se heurte à la corruption et la violence du New York de 1981. De facture classique (pas d'effets numériques ni de montage épileptique ici), empruntant aux aînés (Sydney Lumet, William Friedkin ou Alfred Hitchcock), A most violent year est un pur plaisir cinéphilique. Le thème pourtant maintes fois traité sur grand écran de la corruption et des milieux mafieux à New York est ici complètement renouvelé car vu à travers le prisme d'un personnage incorruptible, admirablement joué par Oscar Isaac (qui joue cet homme seul contre tous comme Al Pacino jouait Serpico). En plus d'une image et d'une bande son magnifique qui subliment les acteurs et le New York décati de 1981, on retrouve tout le talent de J.C. Chandor à dessiner en quelques traits un personnage, à dévoiler une psychologie par un détail, une intonation, un geste. Un vrai grand film, à voir au plus vite, comme ses deux premiers films.

Fargo - Saison 1 - Episodes 1 à 5 (Adam Bernstein)

note: 5Fargo 2.0 Erwann - 12 janvier 2016

Lorsqu'a été annoncée la mise en chantier d'une série inspirée par le film culte des frères Coen, on n'a pas pu s'empêcher d'avoir très peur. Malgré cela, on se doit de constater que le travail fourni par l'équipe réunie autour de Joel et Ethan Coen (ici seulement producteurs) fait plus que respecter le fond et la forme de l'oeuvre originelle : il les sublime. Mêmes paysages enneigés, une enquête tortueuse, même humour noir et absurde, des acteurs exceptionnels jouant les mêmes personnages archétypaux (la femme flic, le looser qui en voulant s'extirper de sa misérable condition s'enfonce encore plus dans l'échec, le tueur à gages,...) mais avec plus de folie, un scénario encore plus déjanté et surtout beaucoup plus de temps pour développer cet univers si particulier. On se retrouve alors devant un très long-métrage de 9h (10 épisodes), excellemment bien filmé et mis en musique, qui commence là où se terminait celui des frères Coen. Un régal, la deuxième meilleure série sortie en 2014 avec True Detective. (et l'on me chuchote à l'oreille que la deuxième saison, qui se déroule huit ans avant le film avec de nouveaux personnages, serait tout aussi bonne...miam!)

Peaky Blinders - Saison 1 (Steven Knight)

note: 4Gangs of Birmingham Erwann - 8 décembre 2015

Birmingham, 1919. Le gang des Peaky Blinders, dirigé par l'ambitieux et dangereux Thomas Shelby, attire l'attention de l'inspecteur en chef Chester Campbell, un détective de la police royale irlandaise missionné par Winston Churchill pour retrouver une cargaison d'armes volées... Comme sa cousine américaine Boardwalk Empire, Peaky Blinders est une très belle série à l'esthétique léchée, qui emprunte beaucoup d'éléments aux films de gangsters et au drame historique. Les décors sont magnifiques, l'interprétation magistrale (notamment les acteurs principaux Cillian Murphy et Sam Neill) et les choix musicaux plutôt audacieux. Une bien belle et passionnante première saison, vivement la deuxième!

Maps to the stars (David Cronenberg)

note: 4Le bal des monstres Erwann - 31 mars 2015

Le dernier Cronenberg est un règlement de compte mythologique déguisé en ensorcelant conte de cinéma, un véritable jeu de massacre, à la fois cru et hypnotique. L'avidité, le narcissisme, le sadisme et autres pulsions communément associées à Hollywood alimentent une sorte d'opéra tragique et grotesque, un défilé de monstres plus fêlés les uns que les autres. La mise en scène au cordeau, les acteurs excellents finissent de faire de ce Maps to the stars l'un des meilleurs films de son réalisateur, pas moins.

Sur écoute - saison 1 (Clark Johnson)

note: 5Attention chef-d'oeuvre !!! Erwann - 27 février 2015

"Sur écoute" est vite devenue l'un des mètres-étalons de la série télé moderne. Et pour cause : rarement une série aura atteint un tel niveau de perfection, malgré son ambition démesurée de brosser le portrait d'une ville américaine (Baltimore) dans son entier. Délinquance, forces de l'ordre, politiques, éducation, médias, syndicats : toutes ces facettes sont finement traitées, de façon quasi documentaire et reliées les unes aux autres. On est ainsi face à un canevas d'histoires et de personnages (beaucoup sont incarnés par des acteurs non-professionnels repérés à Baltimore) nous permettant de mieux appréhender les problèmes de notre société occidentale. "Sur écoute" est une série importante,intelligente, sans pour autant oublier d'être terriblement addictive, comme toute bonne série qui se respecte!

Marseille - De guerre lasse (Olivier Panchot)

note: 4Une bonne surprise Erwann - 27 février 2015

Mélange de polar et de drame familial, ce long-métrage, infusé de tragédie grecque et des films de James Gray, se révèle bien supérieur à la majorité des films de gangsters à la française. Grâce à des personnages forts servis par des acteurs impressionnants de justesse et de puissance (Jalil Lespert et Tchéky Karyo en tête), ce film tout en tensions tient en haleine jusqu'au bout. A découvrir!

Edge of Tomorrow (Doug Liman)

note: 3Game over Erwann - 28 janvier 2015

Film d'action/science-fiction basé sur l'un des principes de base du jeu vidéo (plusieurs vies permettant de recommencer lorsque l'on meurt, tout en s'améliorant à chaque fois), Edge of tomorrow est bourré d'humour, sans temps mort et servi par un Tom Cruise au meilleur de sa forme. Du pur divertissement, malin et sacrément jouissif!

Punk rock et mobile homes (Backderf, Derf)

note: 3Le Duc d'Akron Erwann - 15 octobre 2014

Backderf nous avait déjà éblouis avec « Mon ami Dahmer » (Prix Révélation du festival d’Angoulème 2014). Il revient ici dans un registre plus léger avec cette chronique adolescente aux personnages et situations rocambolesques, doublée d’un véritable documentaire sur les coulisses de la scène musicale underground de l’époque (avec des apparitions de Klaus Nomi, Joe Strummer des Clash, les Ramones...). Une bonne tranche de rigolade assaisonnée de crêtes et d’épingles à nourrice. Rock’n’roll !

Stranded in Arcadia (Mars Red Sky)

note: 4La plume et le plomb Erwann - 12 juillet 2014

Il n’est pas aisé de marier la plume et le plomb. Le trio bordelais a pour son 2ème album trouvé la bonne formule : une instrumentation grasse et épaisse toute en lourdeur et distorsion survolée par un chant diaphane et pop. Un deux en un imparable pour tout amateur de stoner (rock lourd et psyché) à qui un peu de sensibilité pop ne fera certainement pas de mal !

House of cards - Saison 1 (James Foley)

note: 4Les marches du pouvoir Erwann - 12 juillet 2014

La première saison d'une série implacable sur les coulisses du pouvoir à Washington, dans les pas d'un personnage prêt à tout pour servir ses ambitions personnelles... Kevin Spacey est formidable dans la peau de cet animal politique à sang froid et arrive à le rendre autant fascinant que repoussant. Encore une grande réussite dans l'univers des séries américaines.

Rork n° 01
l'intégrale (Andreas)

note: 3BD culte! Erwann - 3 juillet 2014

Rork, personnage mystérieux s'intéressant au paranormal et capable de passer d'un monde à un autre, apparaît en 1978 dans le Journal de Tintin. S'en suivront sept albums jusqu'en 1993, le temps pour Rork de devenir une BD culte, peut-être plus pour le dessin magnifique et les mises en page originales d'Andréas que pour le scénario un peu décousu. La série est réunie en intégrale pour la première fois et agrémentée de nombreux bonus et d'une histoire inédite.

Tocsin (Year of No Light)

note: 4Metal transcendental Erwann - 26 juin 2014

Les Bordelais de Year of No Light sortent leur quatrième album avec Tocsin. Toujours inspirés et après avoir réalisé différents splits et autre bande-son d’un vieux film, ils reviennent avec un son massif , puissant et hypnotique, évoluant toujours dans un Post-Rock, Doom et Sludge psychédélique.

We Are 4 Lions (Chris MORRIS)

note: 3Explosé de rire Erwann - 7 mai 2014

Dans le nord de l'Angleterre, quatre bras cassés, paumés ordinaires et islamistes se convertissent non sans mal au terrorisme. Ils sont heureusement plus bêtes que méchants et leur projet d'attentat donne lieu à une avalanche de situations absurdes et de bévues grand-guignolesques... Une tentative de démystification du terrorisme (et pas que, les services secrets en prenant aussi pour leur grade) par l'absurde, brillamment orchestrée par Chris Morris, qui nous démontre avec intelligence que l'on peut/doit rire de tout!

Apocalypse now (Francis Ford Coppola)

note: 5Au coeur des ténèbres Erwann - 16 avril 2014

En plus d'être l'un des plus grands films sur la guerre du Vietnam, Apocalypse Now est tout simplement le plus grand film d'un des plus grands réalisateurs américains. A voir et à revoir, what else?

Inside Llewyn Davis (Ethan Coen)

note: 4L'art de la loose Erwann - 16 avril 2014

Joel et Ethan Coen ont fait des personnages de perdants leur spécialité (The Big Lebowski,Barton Fink,...) et ils ont le don de nous faire rire de leurs malheurs tout en les rendant attachants. Il semble qu'ils aient trouvé en Llewyn Davis leur champion :ce chanteur de folk talentueux mais sans succès, qui squatte chez des "amis" musiciens ou universitaires (tout en mettant leur femme enceinte ou en perdant leur chat ET en se permettant, au passage, d'être odieux) est la quintessence du looser chez les Coen. Cavalant dans tout New York pour trouver un toit ou une session d'enregistrement, sa vie devient une odyssée, jalonnée de rencontres avec des personnages hauts en couleurs et emplie de musique, telle une version urbaine de O'brother, autre film mythique des Coen. La distribution est de plus au diapason, entre habitués des films des deux frères (John Goodman, génial en jazzman junkie) ou nouveaux venus (Oscar Isaac, parfait dans le rôle principal, Carey Mulligan et Justin Timberlake) qui, en plus d'interpréter excellemment leurs personnages, interprètent toutes les chansons folk du film avec une justesse et un feeling incroyables. A voir absolument!

Mud (Jeff Nichols)

note: 4Sur les rives du Mississippi Erwann - 12 avril 2014

En bons Tom Sawyer et Huckleberry Finn d'aujourd'hui, Ellis et Neckbone préfèrent naviguer sur le fleuve Mississippi plutôt que de s'ennuyer à l'école. Au cours d'une de leurs expéditions, ils découvrent une île et un homme qui s'y cache, Mud. Il a tué par amour et est pour cela recherché. Malgré le danger, les deux garçons décident d'aider ce curieux personnage...Un conte violent et lumineux à la Mark Twain, signé par le réalisateur de "Take Shelter" et illuminé par la présence charismatique de Matthew McConaughey.

Chemistry of consciousness (Toxic Holocaust)

note: 4Metal punk Erwann - 12 avril 2014

Avec un patronyme aussi subtil, on s'imagine bien qu'on n'a pas à faire à un groupe de musique de chambre, et on est dans le vrai tant la claque est violente! Toxic Holocaust nous délivre 11 morceaux très courts et très accrocheurs, entre trash metal et punk, diablement bien produits et ultra-énergiques. Pour les fans de Metallica première période et de Slayer, qui n'ont rien contre le côté expéditif du punk!

Le Costume du mort (Joe Hill)

note: 4Tel père, tel fils Erwann - 12 avril 2014

L'auteur Joe Hill a de qui tenir et semble avoir le même objectif que son père Stephen King : faire trembler ses lecteurs. Son premier roman allie une histoire de fantômes très efficace, ponctuée de scènes de terreur mémorables, à une galerie de personnages finement brossée, tous portant le poids de leur passé et de leurs névroses. Un livre qui ne vous quittera plus, même longtemps après avoir éteint votre lampe de chevet...

Winter's Bone (Debra Granik)

note: 4Ozarks etc... Erwann - 15 mars 2014

Winter's bone est une sombre plongée dans l'Amérique des exclus, où drogue et pauvreté sont le lot quotidien et où il ne fait pas bon briser la loi du silence... Superbement mis en scène dans les décors naturels des monts Ozarks, ce thriller dramatique est le premier rôle marquant de Jennifer Lawrence (Hunger games, Happiness therapy...), qui compose subtilement le personnage d'une adolescente qui a grandi trop vite et protège sa famille envers et contre tout. Le haut du panier du cinéma indépendant américain!

The Place beyond the pines (Derek Cianfrance)

note: 4Pères et fils Erwann - 26 février 2014

Après le très beau mélodrame "Blue Valentine", le réalisateur Derek Cianfrance nous revient avec une poignante tragédie sociale et familiale déguisée en polar, magnifiée par des acteurs charismatiques en diable et une mise en scène atmosphérique. Un superbe film sur la transmission père-fils et sur le poids du passé, l'un des meilleurs films de 2013!

Bovines ou la vraie vie des vaches (Emmanuel Gras)

note: 4Cà m'émeuuuhhh Erwann - 25 février 2014

"Vis ma vie de vache" : si ce postulat de départ peut à priori paraître peu glamour et absolument pas cinégénique, le réalisateur Emmanuel Gras le transforme en un poème visuel de toute beauté, grâce à de magnifiques images des ruminants et de la nature qui les entoure, nous révélant sous un angle nouveau le quotidien de ces animaux omniprésents mais si peu considérés. Où l'on est bouleversé par la naissance d'un veau au petit matin, mais également par de multiples scènes "concentrationnaires" glaçantes (barreaux et cages, transferts en bétaillère, départ pour l'abattoir...) qui nous rappellent que la vache est loin de n'être qu'un bout de viande en devenir... Un objet filmique non identifié indispensable!

Retour Haut